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Les agriculteurs face à la sécheresse en Ille-et-Vilaine : "Tout a cramé, j'ai presque perdu la moitié de ma production"

France Culture ·
Les agriculteurs face à la sécheresse en Ille-et-Vilaine : "Tout a cramé, j'ai presque perdu la moitié de ma production"

Depuis fin juin, la sécheresse frappe la France. Avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % en moyenne. Elle met les agriculteurs en grande difficulté. Et même en Bretagne, les éleveurs de vaches laitières et les cultivateurs de maïs s'inquiètent pour leur avenir.

Benoit le Duc élève des vaches laitières en bio à Maen Roch, à environ 40 km au nord-est de Rennes. Il montre l'étendue des dégâts : " Là, on voit bien, les vaches sont dehors, elles commencent à essayer de grappiller des brins d'herbes. Mais il n'y a rien à manger, tout est cramé. J'ai commencé à arrêter de traire celles qui donnent moins de lait, pour donner le meilleur fourrage à celles qui donnent le plus de lait ."

Depuis le 15 août, le département d'Ille-et-Vilaine est en alerte sécheresse maximale. Quand au mois de juillet, il n'a presque pas plu, alors que les températures sont montées jusqu'à 42 degrés. Du jamais vu dans la région.

L'agriculteur n'a jamais compté que sur la pluie pour arroser ses prairies pour le pâturage et ses champs. Il ne cultive que de quoi nourrir ses bêtes : de l'herbe et du maïs. " Dans mes champs de maïs, tout a cramé. Il n'y a plus rien. C’est censé être beaucoup plus grand. J’ai perdu quasi 50% de ma production ."

La conséquence se voit près de la grange, où les réserves de fourrage sont déjà largement entamées. " Je suis déjà en train de donner du stock d'hiver. Je ne sais pas si je vais tenir jusqu’au printemps. Au bout d'un moment, il va falloir faire des choix : nourrir les vaches les plus jeunes qui font le plus de lait ."

Benoit Le Duc rend visite à Gaetan Dubreuil-Jardin, éleveur laitier voisin, et délégué à l'environnement de l'intercommunalité de Couesnon Marches de Bretagne. Selon lui, la situation est extrêmement inquiétante pour presque tous les agriculteurs de la région : " En Bretagne, même si c'est une région pluvieuse, on peut être plus facilement en sécheresse, parce que nous n'avons pas de réserves d'eau ."

La nourriture pour les vaches devient de plus en plus rare et coûteuse. Le prix des aliments bio pour les vaches s'élève déjà à 650 euros la tonne. Mais les deux exploitants craignent que cela n'augmente. D'habitude, ils comptent sur l'aide des réseaux d'agriculteurs bio. Ils mettent en relation les éleveurs qui manquent de fourrage avec ceux qui ont des surplus. Mais cette année, impossible de compter sur la solidarité locale. " Nous sommes obligés de faire venir de l'alimentation d'ailleurs " précise Gaetan. Mais cette année, aucune région française n'a été épargnée par la sécheresse.

Les éleveurs réfléchissent à des alternatives. Gaetan Dubreuil-Jardin a déjà arrêté de produire du maïs, parce qu'il juge que ce n'est plus adapté aux conditions climatiques.

Benoit le Duc, lui, réfléchit à se mettre à cultiver le sorgo, une céréale africaine qui résiste nettement mieux à la sécheresse, mais qui est moins nutritive pour ses bêtes. A contre cœur, il envisage de demander des dérogations, pour donner du fourrage non-bio à ses vaches. Pour lui, c'est la pérennité du modèle d'élevage bio breton, qui est désormais menacée.

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