Elle fait gagner trois heures de travail par semaine: l'IA a désormais été adoptée par la moitié des salariés selon la BCE, mais son effet sur la productivité globale reste à démontrer
Selon une note de blog publiée mercredi par la BCE, la part des travailleurs utilisant l'IA est passée de 26% en 2024 à 52% en 2026 dans la zone euro. Cette massification pourrait être associée à la hausse de la productivité observée, mais le lien de cause à effet n'est pas établi. L'intelligence artificielle (IA) est désormais utilisée par plus de la moitié des salariés d'entreprises en zone euro, mais son impact sur la productivité demeure inégal et de nombreux obstacles freinent encore sa diffusion, selon une note de blog publiée mercredi par la BCE.
La part des travailleurs utilisant l'IA est passée de 26% en 2024 à 52% en 2026, écrivent dans cette note les économistes de la Banque centrale européenne António Dias da Silva, Laura Lebastard et David Sondermann.
Mais l'utilisation de l'intelligence artificielle n'est pas homogène dau sein de la population. 61% des diplômés du supérieur affirment recourir à l’IA, contre 37 % des salariés moins diplômés.
Fondée sur une enquête mensuelle de l'institut monétaire menée auprès d'environ 20.000 personnes dans onze pays, leur étude montre que les utilisateurs d'IA gagnent en médiane trois heures de travail par semaine, soit près de 8% de leur temps de travail.
Mais le lien de cause à effet n'est pas établi. Même si un employé gagne du temps grâce à l'IA, ces heures gagnées ne se traduisent pas automatiquement en productivité accrue. Encore faut-il que l'entreprise réussisse à transformer ce gain en augmentant la production ou la qualité ou en développant d'autres missions.
Par ailleurs, ces gains sont répartis de manière inégale. Ils sont les plus importants dans la programmation informatique, l'analyse de données ou l'automatisation de tâches répétitives, et plus modestes pour des usages plus courants comme la recherche d'informations ou la rédaction de textes.
Malgré sa progression rapide, l'IA ne fait pas non plus l'unanimité. Environ un tiers des non-utilisateurs la jugent sans intérêt pour leurs tâches et plus de 40% déclarent ne pas souhaiter l'utiliser, selon la note.
Les inquiétudes sur la fiabilité des outils et le manque de soutien des employeurs figurent également parmi les principaux freins.
Ils estiment que les employeurs et les pouvoirs publics devraient renforcer la formation et faciliter l'accès aux outils d'IA afin d'en "exploiter pleinement le potentiel en matière de productivité".
La BCE précise que les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de l'institution.
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