Il conseillait le FBI et la DGSE : comment Samuel H. s'est retrouvé jugé pour recel d'images pédopornographiques
Le 30 septembre 2022, à 00h21, un internaute du nom de DarkTrace99 se connecte au site Big Rape.com, une plateforme pédopornographique accessible uniquement sur le darknet, cet Internet par-delà les moteurs de recherche.
A l’écran, une myriade d’images sordides apparaissent.
Ce ne sont que des illustrations, mais en échange d’une adresse mail et d’un versement, la plateforme propose de télécharger les vidéos d'enfants et de bébés violés par des adultes.
DarkTrace99 sélectionne la rubrique "girls rape" ("viol de fillettes"), rentre ses coordonnées de paiement en cryptomonnaie et, aussi vite, se déconnecte.
Trois ans et demi après la transaction, une dizaine de policiers débarque à l’aéroport Charles de Gaulle, à Paris.
Les accès sont sécurisés, les passagers filtrés un à un, et un homme en costume est mis à l’écart.
La police bavaroise a mis la main sur les serveurs de Big Rape.com et de 373 000 autres sites frauduleux, puis elle fournit à ses collègues d’Europol une liste de 200 clients européens.
Parmi eux, vingt Français, dont un profil qu’ils jugent à "haut risque" : un certain Samuel H., 39 ans, cheveux très courts, fines lunettes carrées.
Un homme d’affaires qui, sur LinkedIn, pose fièrement avec Emmanuel Macron , bras dessus, bras dessous sur le perron de l’Elysée dans le cadre d’une soirée Choose France, cet événement destiné à attirer les entrepreneurs sur le territoire français.
En poussant leurs recherches, les enquêteurs de l’Office mineurs ( Ofmin ) se sont rendu compte qu’ils avaient affaire à un profil très spécial : un ex-haut fonctionnaire, chargé d'étudier les menaces cyber contre l’Etat français.
L’homme a occupé jusqu’à 2020 des fonctions stratégiques à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information ( Anssi ), qui fait autorité en matière de cyberdéfense.
Quand le président Macron commandait des notes sur les attaques informatiques russes en marge d'une rencontre avec Vladimir Poutine , c’est à lui que l’on faisait appel.
Avec son entreprise, Filigran, lancée il y a à peine trois ans et déjà présente sur les cinq continents, l’expert a développé un logiciel extrêmement puissant, baptisé "Open CTI", capable de capter et de synthétiser d’immenses amas de données en ligne.
Une mine d'or pour les autorités chargées de contenir les failles.
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