Polémique Thélyson Orélien : comment fonctionne Pangram, le détecteur de textes écrits par IA
Le jour où l’écrivain Thélyson Orélien recevait le Prix du roman Fnac pour C’était ça ou mourir , le 21 septembre 2026, un compte X nommé Balance ton Claude a publié des captures d’écran d’analyses Pangram. Ce logiciel américain se présente comme capable de repérer les textes rédigés par une intelligence artificielle. Il y jugeait plusieurs extraits du roman « rédigés à 100 % par une IA » .
Le message a été vu plusieurs millions de fois en quelques heures. France Inter a mené son propre test en soumettant au logiciel des extraits pris au début, au milieu et à la fin du livre. Les résultats ont désigné une origine artificielle comprise entre 95 % et 100 %. La maison d’édition Grasset a de son côté refusé de réagir dans le détail en évoquant une possible « campagne de haine » .
Pangram est une start-up lancée en octobre 2023 sous le nom de Checkfor.ai, avant de devenir Pangram Labs. L’entreprise a été fondée par deux ingénieurs diplômés de Stanford, Max Spero et Bradley Emi, passés par Tesla et Google avant de se consacrer à la détection de contenus générés par IA. Basée à New York, l’entreprise vise aussi bien le besoin des particuliers que les entreprises ou encore les établissements scolaires .
Le principe du logiciel Pangram repose sur l’apprentissage automatique, c’est-à-dire qu’il a été entraîné à distinguer des textes rédigés par des humains comme des articles de presse, des œuvres littéraires de ces mêmes textes une fois réécrits par des IA comme ChatGPT ou Claude. L’entreprise affirme utiliser des « miroirs synthétiques » , autrement dit des versions générées automatiquement des documents les plus difficiles à classer, pour réentraîner en permanence son modèle et l’adapter aux nouvelles versions des IA génératives. Son approche part de l’idée que l’écriture par IA laisse des traces repérables comme des structures de phrases similaires, un style propre à l’IA et un vocabulaire variant selon les versions des IA utilisées.
Le site de Pangram propose plusieurs outils complémentaires pour démasquer l’IA. L’analyse par segments indique non seulement si un document est généré par IA, mais aussi dans quelle proportion. La fonction assistance IA va plus loin car elle distingue les passages entièrement générés de ceux simplement retouchés ou édités avec l’aide d’une IA. Enfin, l’outil intègre un détecteur de plagiat, ce qui permet de vérifier en une seule opération l’originalité d’un texte et son éventuelle origine artificielle.
En testant Pangram, il apparaît que si l’on passe un texte dans une IA uniquement pour corriger les fautes d’orthographe et de syntaxe, il peut tout de même être considéré comme écrit avec de l’IA. D’autres fonctions plus avancées existent aussi, mais il faut aller sur la version payante de Pangram. Il faudra alors payer 9 dollars par mois (environ 8 €) pour un maximum de 300 000 mots examiné ou 30 dollars par mois pour 1 500 000 mots.
La start-up se vante de tester régulièrement son outil sur les derniers modèles des grands laboratoires d’IA comme OpenAI, Anthropic et son agent conversationnel Claude, Google, Meta, mais aussi DeepSeek .
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