Qui est prêt à lui éviter la censure? Sébastien Lecornu à l’épreuve du casse-tête budgétaire
Une nouvelle fois, le Premier ministre va devoir convaincre l'opposition, qu'il s'agisse du Parti socialiste ou du Rassemblement national, pour faire passer ses textes budgétaires. Pour Sébastien Lecornu, le chemin vers l'adoption d'un budget n’a pas changé en 2026 par rapport à 2025: le Premier ministre avance toujours sur une ligne de crête, faute de détenir une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Parvenir à une issue favorable semble même, sur le papier, plus difficile que l’année précédente où il avait tant bien que mal réussi à faire adopter sa copie grâce à un compromis avec le Parti socialiste.
Cette fois l’épreuve budgétaire se déroule à quelques mois de l’élection présidentielle . Forcément, aucune formation politique ne veut faire de cadeau au gouvernement. Et cela d'autant plus dans une fin d'année marquée par une colère sociale contre la flambée des prix du carburant .
Dans ce contexte, Sébastien Lecornu - qui a présenté sa copie ce jeudi - a donné certains gages à son camp. La droite ainsi que le centre peuvent au moins se satisfaire de sa volonté de ne pas augmenter les impôts. Et de faire porter l’essentiel d’un effort annoncé à 54 milliards d’euros sur les dépenses, avec l'objectif d'atteindre un déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB).
Aussi, Sébastien Lecornu a tenté de rassurer sur la contribution des retraités, sujet ô combien inflammable au sein de la classe politique, qui est évoquée depuis des semaines par le gouvernement.
Les économies recherchées dans cette catégorie de la population seront "inférieur(es) à six milliards d’euros", a-t-il promis. Tout en assurant que les modalités des futures mesures ad hoc - désindexation des pensions par rapport à l’inflation ou suppression d’un abattement - seront décidées au Parlement.
Le Premier ministre devra réussir à embarquer son camp derrière lui. Mais évidemment, la réussite éventuelle de cette entreprise est insuffisante. L’équation est simple: si les groupes de gauche et d’extrême droite de l'Assemblée nationale décident de voter une motion de censure, le gouvernement chute.
Dans l’hypothèse probable où celui-ci ne parvient pas à un compromis via un vote au Parlement - depuis 2022, tous les budgets de l’État sont adoptés avec l’article 49.3 - Sébastien Lecornu devra donc compter sur les oppositions pour éviter d’être renversé. Certaines sont d’ores et déjà catégoriques. À commencer par La France insoumise.
"Nous censurerons quoi qu'il arrive et nous n'avons rien à discuter, rien à négocier avec ce gouvernement sur la manière dont il ferait les poches à la fois des retraités, des étudiants, des malades", a prévenu Mathilde Panot, cheffe du groupe des députés insoumis, sur France Info cette semaine.
Les Écologistes laissent à peine plus de suspense. Secrétaire nationale du parti, Marine Tondelier a indiqué au début du mois n’avoir "aucune raison de penser" qu’un seul membre de son parti votera le projet de budget pour 2027.
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