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Cameroun. Après 73 jours d’absence, Paul Biya de retour au palais présidentiel

Le Progrès ·
Cameroun. Après 73 jours d’absence, Paul Biya de retour au palais présidentiel

Le président camerounais Paul Biya, 93 ans, est rentré jeudi à Yaoundé après 73 jours passés à l’étranger. Cette longue absence avait ravivé les interrogations sur son état de santé et sa capacité à diriger le pays.

Paul Biya, président du Cameroun depuis 1982 et doyen des chefs d'Etat dans le monde, est rentré jeudi soir à Yaoundé après plus de deux mois d'absence, qui ont relancé une vive controverse dans le pays quant à sa capacité à diriger le pays. Le dirigeant camerounais, âgé de 93 ans, avait quitté Yaoundé le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », selon la présidence. D'après la presse camerounaise, il se trouvait à Genève, en Suisse, avec sa famille et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs.

Après 73 jours hors du pays, Paul Biya a quitté l'aéroport de Yaoundé en saluant la foule d'un geste de la main à travers la fenêtre légèrement entrouverte de la voiture qui le conduisait vers sa résidence, le palais d'Etoudi, accompagné de son épouse Chantal Biya. Plusieurs dizaines de militants du parti présidentiel, dont certains arboraient un pagne à l'effigie du président, étaient réunis à l'aéroport de Yaoundé pour l'accueillir, dans une ambiance festive.

L'état de santé de Paul Biya, qui séjourne très régulièrement à Genève, fait l'objet de maintes rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait démenti l'hospitalisation du dirigeant camerounais dans une clinique genevoise, en réaction à des articles de presse.

Cette absence d'une longueur inédite a relancé le débat sur l'inertie du pouvoir camerounais et suscité de vives critiques de l'opposition, qui a dénoncé un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique », alors que la nomination d'un nouveau gouvernement et d'un vice-président sont attendus depuis plusieurs mois.James Fame Ndongo, cadre du parti présidentiel et ministre de l'Enseignement supérieur, a balayé fin juillet les accusations de vacance du pouvoir, arguant qu'« où il se trouve, le chef de l'Etat suit méticuleusement les dossiers que lui soumettent (...) ses collaborateurs ».

Ces absences répétées, depuis plus de vingt ans, ne cessent toutefois d'alimenter la frustration de nombreux Camerounais. « Cela ne change rien qu'il soit là ou pas. Quand il est là, il ne fait rien. Je ne pense donc pas qu'il soit nécessaire de participer à ce spectacle », a fustigé Prosper Nkou Mvondo, leader du parti d'opposition Univers, interrogé par l'AFP.

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