Campus de Sciences Po à Bruxelles : ce projet qui soulève bien des questions
"Un étudiant peut aujourd’hui accomplir toute sa scolarité à Sciences Po sans recevoir de formation substantielle sur l’Europe" : le constat dressé par le rapport du comité Europe de Sciences Po est pour le moins sévère.
D’avril à juillet 2026, ce groupe de réflexion mandaté par le directeur Luis Vassy et composé d'une trentaine de personnalités, s’est penché sur les moyens de replacer la question européenne au cœur des enseignements et de la recherche.
Le 13 juillet dernier, le quotidien Les Echos avait révélé la liste des recommandations formulées pour redresser la barre.
La publication de l’intégralité du rapport, prévue ce mardi 1 er septembre, ne manquera pas de susciter des débats en interne tant les pistes avancées sont nombreuses et, pour certaines, structurantes.
Celles-ci vont de la création d’un cours "iconique" de 48 heures consacré à l’Union européenne, à l’instauration d’une semaine dédiée à cette thématique, en passant par la création d’un séminaire de recherche pluridisciplinaire ou l’ouverture d’un nouveau campus à Bruxelles.
C’est précisément cette dernière hypothèse qui concentre aujourd’hui l’essentiel des interrogations.
Ce virage européen que s’apprête à prendre Sciences Po était attendu puisque Luis Vassy en avait fait l’un des axes forts de son projet lorsqu’il était candidat à la direction de l’école.
En décembre 2024, quelques mois après son élection, l’ancien directeur de cabinet de Stéphane Séjourné au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères avait présenté devant le Sénat sa volonté de revoir les schémas intellectuels de Sciences Po, estimant que le temps de la "mondialisation heureuse" était "révolu".
"Face aux grandes puissances fédérales que sont les Etats-Unis et la Chine, les pays membres n’ont d’autre choix que de fonctionner ensemble et de façon coordonnée.
C’est la seule façon pour nous de peser dans le monde qui est en train de se dessiner", souligne Laurence Boone, ancienne secrétaire d’Etat aux Affaires européennes qui a coprésidé le comité Europe avec Marc Lazar, professeur émérite à Sciences Po.
Le calendrier à venir s’annonce particulièrement serré.
"Un plan d’action concret, bâti à partir de ces propositions, devrait être présenté aux différentes instances de gouvernance de l’école début 2027", explique l’entourage de Luis Vassy.
Pour Marc Lazar, il est urgent de redresser la barre.
"Après une période très franco-française, l’école s’est fortement internationalisée sous l’ère de l’ancien directeur Alain Lancelot (1987-1996), mais surtout celle de Richard Descoings (1996-2012).
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