Pitié, arrêtez d’en faire des tonnes avec votre anniversaire !
“Ça a commencé par les mariages, se souvient The Guardian . Aujourd’hui, la folie des grandeurs gagne les anniversaires. Au programme : week-ends façon Cluedo géant et autres mini-festivals avec dress code et objets souvenirs.” En référence au célèbre monstre cinématographique, le quotidien britannique décrit une “épidémie de Godzillanniversaires”, soit une tendance à “faire de son anniversaire un événement inoubliable – sans considération pour le portefeuille des invités”. Même constat, en ce début de mois de septembre, du côté du magazine Dazed , qui résume ainsi le désarroi de certains jeunes gens : “Au secours ! Mes amis n’arrêtent pas d’organiser des anniversaires.”
À Long Island, dans le nord-est des États-Unis, Kate (24 ans) raconte avoir traversé un long tunnel de célébrations, à raison “d’un anniversaire, voire deux, par week-end, entre avril et juillet”. Un rythme qu’elle a eu toutes les peines du monde à tenir. “Un samedi, relate Dazed, la jeune femme s’est même retrouvée avec un anniversaire en journée et un autre le soir, alors que la météo annonçait des pluies torrentielles. Elle a fini par s’avouer vaincue et renoncer à la première fête, non sans une certaine culpabilité.”
Cet agenda de ministre et ce sentiment de culpabilité sont “loin d’être un cas isolé”, expose Dazed. Car il est de plus en plus fréquent, semble-t-il, de se croire le premier moutardier du pape − et d’exiger que les autres partagent cette opinion.
Aux États-Unis, Business Insider a par exemple consacré un article au “nouveau filon des milléniaux pour épater la galerie : dépenser des milliers [d’euros] pour un week-end d’anniversaire dans un château” . Citant l’agence de voyages de luxe Oliver’s Travels, le site d’information souligne que “les châteaux, manoirs et autres demeures bourgeoises sont aujourd’hui un décor prisé pour accueillir ces festivités”, avec la France comme premier choix de destination, pour des clients venus des États-Unis et du Royaume-Uni.
De son côté, The Guardian a rassemblé plusieurs récits de célébrations que ne renierait pas Gatsby le Magnifique. Parmi eux, le “MikeFest”, un événement annuel organisé en août “dans un vaste jardin luxuriant des Cornouailles” : “Tous les proches de l’organisateur, un certain Michael, débarquent sur leur trente-et-un (tenue correcte exigée) et une tente sous le bras. Chaque invité reçoit alors un masque à l’effigie du héros du jour, ainsi qu’un éventail et un gobelet à son nom”.
Seulement voilà : “Michael ne fête pas ses 10, mais ses 44 ans.” Cela ne l’empêche pas d’ “assumer pleinement le terme d’anniversaire-Godzilla” et de “reconnaître qu’il s’arrange pour faire culpabiliser ses amis absents, et blackliste ceux qui ratent deux éditions consécutives”.
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