Un navire sud-coréen à son tour sur la nouvelle route maritime de l'Arctique
Après la Chine, la Corée du sud s'essaie à son tour à la route arctique. Un porte-conteneurs de la compagnie PanStar Line Dot Com devrait partir du port de Busan, direction de l'Europe. Sauf qu'au lieu de passer par le sud et la canal de Suez, le navire sud-coréen va passer par l'Arctique au nord. Une route maritime amenée à se développer du fait du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, malgré les préoccupations environnementales, c'est un gain de temps et d'argent pour les armateurs et un pari de Séoul sur l'avenir.
Les bénéfices sont évidents pour la compagnie de Corée du Sud dont le navire Panstar Acro est sur le départ ce 22 août. Le voyage devrait durer entre 40 et 45 jour. Un trajet plus court de 7 000 km et dix jours de gagné, c'est une économie de carburant et donc d'argent. En passant par l'Arctique, les distances parcourues sont réduites de 30 à 40% par rapport à la liaison via le canal de Suez, en Égypte, et de près de moitié par rapport à celle via le cap de Bonne-Espérance, selon une étude de l'assureur-crédit Coface publiée en avril 2026.
Les pays asiatiques, dont les approvisionnements en hydrocarbures ont été lourdement affectés par la guerre déclenchée il y a près de six mois par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, y voient un moyen de diversifier leurs options. En passant au Nord, par l'Arctique, le porte-conteneurs évite en effet le canal de Suez et la mer Rouge, sous tension en raison du conflit au Moyen-Orient .
Une semaine après le départ d'un navire chinois censé inaugurer une liaison régulière, le Panstar Acro doit larguer les amarres samedi soir depuis le port de Busan. Il doit rejoindre les ports européens de Felixstowe en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas et Gdansk en Pologne, avant de revenir. L'objectif est de déterminer si la fonte de la glace en cette période de l'année permet l'ouverture d'une route viable sur le plan commercial.
Le président Lee Jae-myung a fait de cette nouvelle route maritime une priorité. Séoul veut faire de Busan et de son port une plaque tournante du commerce mondial. Et faire de l'Arctique une voie commerciale régulière d'ici 2030.
Mais les contraintes restent importantes. Les assurance sont coûteuses et la navigation n'est possible que pendant trois mois de l'année, d'août à octobre, avec des navires classés polaires et de taille plus modeste que les énormes porte-conteneurs qui concentrent une grande partie du trafic maritime.
Le projet suscite également des réserves chez certains alliés de la Corée du Sud. Car pour emprunter cette route, Séoul doit demander des autorisations à la Russie. Une collaboration mal vue par les occidentaux à l'heure où ils cherchent isoler Moscou en raison de la guerre en Ukraine.
C'est une augmentation du trafic maritime commercial qui risque d'entraîner une aggravation des impacts climatiques, une augmentation de la pollution et une perte accrue de biodiversité. L'inquiétude est réelle explique Sean Prior, docteure et conseillère principale au Clean Arctic Alliance.
« Notre plus grande inquiétude ce sont les émissions dans l'atmosphère par les bateaux dans l'Arctique.
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