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Annuler la dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Possible mais pas sans conséquence

Le HuffPost ·
Annuler la dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Possible mais pas sans conséquence

Un (autre) incendie au cœur de l’été. Une courte vidéo de Jean-Luc Mélenchon a mis le feu aux poudres en ce mois d’août, après avoir été captée lors d’une de ses conférences de presse réservées aux « nouveaux médias ». Le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle y déclare fièrement vouloir « foutre au feu » les 18 % de dette détenus par la Banque de France, manière pour lui de signifier que la France ne doit pas rembourser la totalité de son emprunt.

Une phrase qui fait jaser ses opposants, de Gabriel Attal qui assure que « cela condamnerait la France à la plus grave crise qu’elle a jamais connue » au RN, où l’on craint « un risque de sortie sauvage de l’euro en cas d’annulation de la dette publique » . Derrière une expression volontairement provatrice, qui a le mérite d’être imagée, se cache en réalité une mesure défendue de longue date par La France insoumise.

Déjà en 2020, le même Jean-Luc Mélenchon plaidait à la tribune de l’Assemblée pour un rachat de la dette publique par la BCE et pour son annulation (au moins en partie) et sa transformation en dette perpétuelle à taux nul. L’idée figurait dans le programme L’Avenir en commun, défendu en 2022, sous le nom : « Refuser le chantage : annuler la dette publique » . Dans son logiciel, la dette s’apparente à « une stratégie délibérée pour détruire les acquis sociaux et remplir les poches des privilégiés » .

Ces dernières années, de nombreux gouvernements ont eu pour objectif premier de réduire la dette, quitte à opérer d’importantes coupes budgétaires dans des secteurs essentiels. Ce qui avait poussé le député LFI Éric Coquerel à sortir, en 2021, un livre au nom évocateur : Lâchez-nous la dette .

Face aux cris d’orfraie poussés par ses opposants, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il s’agissait d’un simple « jeu d’écriture dans le bilan de la Banque centrale » qui « ne coûterait rien à personne » . Avant d’envoyer son bras droit, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, faire le service après-vente de la proposition aux journalistes. « Ce que nous demandons est simple » , a-t-il résumé. D’une part, que la BCE « soit autorisée à prêter directement aux États » ; d’autre part, qu’elle « “congèle” réellement les titres qu’elle a dans ses coffres et ne les revende jamais » .

Il ne s’agit donc pas de demander l’annulation de toute la dette française, mais bien seulement sa part détenue par la BCE (par le biais de la Banque de France), soit 18 %. Le reste appartient aux investisseurs internationaux, aux banques, aux assureurs, et aux Français aussi, via l’épargne.

L’idée n’est pas si saugrenue puisqu’elle a été défendue par plus de 100 économistes dont Thomas Piketty qui, dans une tribune dans Le Monde en 2021, expliquaient que l’annulation des dettes publiques détenues par la BCE étaient nécessaires pour « offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle ».

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