Actualité : Fini les smartphones “neutres en carbone” et autres gadgets “favorables à l’environnement” : l’UE va serrer la vis sur le greenwashing dès le mois prochain
Vous avez peut-être déjà acheté une montre connectée " neutre en carbone " ou un téléphone " respectueux de l’environnement ". Ce ne sera bientôt plus possible. En effet, à partir du 27 septembre prochain, une nouvelle directive européenne censée limiter les " allégations environnementales trompeuses " va entrer en vigueur pour mettre de l’ordre dans ce milieu. Bref, Bruxelles s’attaque enfin au greenwashing.
La directive 202/825 de son petit nom balaie large et s’attaque aussi bien aux faux labels écolos qu’au sujet de la compensation carbone et aux promesses un peu trop belles pour être vraies.
La mesure qui risque de toucher le plus frontalement le milieu du numérique est celle qui vise à interdire les allégations " qui se fonderaient sur la compensation des émissions de gaz à effet de serre pour affirmer qu’un produit a une incidence neutre, réduite ou positive sur l’environnement ". Fini les produits " neutre pour le climat ", à " bilan carbone positif " ou " climatiquement compensé " grâce à des investissements dans des projets de développement durable.
Pendant de longues années, les GAFAM ont pourtant été friands de ce genre de pratiques qui " donne l’impression erronée que la consommation de ce produit n’a pas d’incidence sur l’environnement ", pointe Bruxelles. C’est ce qui permettait à Apple d’affirmer que son Apple Watch Series 9 était " neutre en carbone " et à Google d’afficher un petit logo " 100 % renouvelable " sur sa page d’accueil.
Dans le même ordre d’idées, les promesses un peu trop floues sur les caractéristiques environnementales du produit seront aussi à proscrire. Plus question, par exemple, d’afficher un " fabriqué avec des matériaux recyclés " quand seul l’emballage l’est vraiment . Idem pour les termes fourre-tout comme " respectueux de l’environnement ", " respectueux de la nature ", " vert ", " écologique " ou " bon pour l’environnement ". Pour afficher ces promesses, un constructeur devra afficher clairement les " spécifications des allégations environnementales " relatives à son produit et ces dernières devront être conformes aux règles de Bruxelles et des pays membres. Autant dire que peu d'industriels s'y risqueront.
Moins directement liés aux mondes de la technologie, les labels liés au " développement durable " qui fleurissent sur tous les produits, mais qui sont très rarement liés à des méthodologies reconnues et validés scientifiquement seront à bannir aussi. Seuls ceux " fondés sur un système de certification " ou qui ont été mis en place par des autorités publiques resteront autorisés. De quoi faire de la place sur les emballages en supermarché.
Si bon nombre d’acteurs importants ont déjà entamé cette transition en retouchant la formulation de leurs communiqués ou la présentation de leurs fiches produits (sans forcément changer leurs pratiques pour autant), cette mise au clair ne semble pas s’être faite de bon cœur. Sarah Chandler, responsable de l’environnement chez Apple, regrettait l'année dernière auprès de Fast Company de ne pas pouvoir parler de ce sujet " à l’échelle de chaque produit ", ce que la directive n’interdit pourtant pas.
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