Présidentielle : le festival de com' du candidat Fabien Roussel
Fabien Roussel s'amuse à faire campagne. Grand défenseur d’une France populaire, travailleuse et digne, le candidat communiste à l'élection présidentielle aligne les slogans démagos. Et plafonne à 2 % dans les sondages d'intentions de vote.
I l aime se faire plaisir, Fabien Roussel . « Patrick Pouyanné, je vais le mettre au même niveau que ceux qui ont collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale », nous annonce le secrétaire général du Parti communiste français quelques heures avant de croiser le fer avec le boss du Medef, Patrick Martin, à la Fête de l’Humanité le week-end dernier. De table en table, il circule lors du traditionnel déjeuner de presse du coco en chef, et rejoue auprès de chaque média son numéro de don Quichotte marxiste : « Pouyanné fait partie de ces élites qui nous volent. Ce sont des traîtres à la patrie, c'est pour ça que je parle de procès. »
Vous fixant de ses yeux bleus, qui comme le ciel sont vides et pleins, il rembobine, recommence, rembobine, recommence : le patron de Total est sa piñata du jour. Ça ne coûte pas cher, et ça flatte les instincts anticapitalistes. Le candidat communiste à la présidentielle , désigné par 72 % des militants, tient promesse lors de son débat, comparant le cynique Pouyanné au collabo Louis Renault. Le voilà qui enchaîne les coups de menton : après le socialisme à visage humain, le communisme à mâchoire carrée.
Côté pile, Roussel est le défenseur d’une France populaire, travailleuse et digne, d’un mode de vie où le barbecue est un moment de convivialité entre copains, sans chichis. Côté face, « Fabulous Fab » n’a que de la gueule, débitant les slogans démagos à la douzaine. Ainsi appelle-t-il à « faire la révolution maintenant dans la rue avant les urnes », quand il ne s’épuise pas en mots d’ordre aussi creux que consensuels ( « faire renaître la fierté » , « redevenir numéro un », etc.).
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Le maire de Saint-Amand-les-Eaux joue au candidat – il a perdu 9 kg pour la campagne ! Parfois, ça dérape. En direct sur LCI, Roussel n’assume pas une mesure pourtant inscrite noir sur blanc dans le programme du PCF : la semaine de travail à 32 heures. Malaise. Malaise, encore, lorsque le candidat assure : « Moi président de la République, les enfants n'auront plus de devoirs à la maison et les parents seront tranquillisés sur cet aspect-là. » On pense à Gérard Lenorman : « Rien n'serait comme avant, si j'étais président/ Aux bornes des fontaines, coulerait de l'orangeade. »
Dans cette tête cohabitent pourtant, sous la tignasse argentée, le doux rêveur et le boutiquier mesquin. On ne comprend rien à Fabien Roussel si l’on s’en tient à sa truculence. Il est, avant tout, un authentique apparatchik. Incapable de désigner Cuba comme un régime autoritaire, il fait preuve d’une pusillanimité extrême lorsqu’il s’agit de dénoncer les menées de Moscou. Pour justifier son cavalier seul à la présidentielle, il invente des divergences insurmontables avec la gauche sur le nucléaire et la politique étrangère – bien vite surmontées quand des sièges de députés sont en jeu.
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