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Agriculture : Face aux sécheresses, « il faut éviter de mettre toutes les “bassines” dans le même panier »

Ouest-France ·
Agriculture : Face aux sécheresses, « il faut éviter de mettre toutes les “bassines” dans le même panier »

Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », André Boutard (Mayenne) apporte son point de vue aux débats sur le stockage de l’eau dans l’agriculture :

« Lors d’une rencontre récente avec un agriculteur, celui-ci m’a expliqué avoir créé, en 2000, une réserve d’eau sur son exploitation. Cette réserve présente une particularité importante : elle n’est pas alimentée par un prélèvement direct dans une rivière ni dans une nappe phréatique. Elle est uniquement alimentée par les eaux de drainage et par les eaux de pluie excédentaires durant la période hivernale.

Vingt-cinq ans plus tard, cette réserve permet toujours d’irriguer des cultures maraîchères. Mais elle a également évolué en une véritable zone humide, devenue favorable à la biodiversité.

Lire aussi : ENTRETIEN. Sécheresse : « L’eau sera moins disponible, alors qu’on va en avoir plus besoin »

En période hivernale, les pluies importantes et les eaux provenant du drainage peuvent rapidement rejoindre les rivières. Le stockage temporaire d’une partie de ces excédents permet de retenir une partie de cette eau en amont et de limiter ainsi les volumes arrivant simultanément dans les cours d’eau, ce qui peut contribuer à atténuer les pics de crue et les phénomènes d’inondation.

Cette eau peut ensuite être utilisée pour l’irrigation lorsque les cultures en ont besoin, notamment pour les productions maraîchères. Et là encore, il faut se poser une question : si nous ne produisons pas suffisamment certains légumes en France faute de pouvoir les irriguer, nous les importerons. Nous importerons alors aussi, indirectement, l’eau nécessaire à leur production.

Pourquoi ne pas considérer certaines réserves comme un outil, permettant à la fois de mieux gérer les excédents d’eau en hiver et de disposer d’une ressource en période de sécheresse ?

Cela ne signifie pas que toutes les réserves sont bonnes ou que tous les projets doivent être acceptés. Une réserve qui prélève directement dans une nappe ou un cours d’eau à une période où la ressource est déjà déficitaire pose évidemment des questions différentes.

Chaque projet devrait donc être examiné en fonction de son mode d’alimentation, de son impact sur le milieu, de sa capacité de stockage et de son utilité réelle.

Dans le contexte du changement climatique, mieux stocker une partie des excédents d’eau hivernaux pour pouvoir les utiliser lorsque l’eau vient à manquer pourrait être une piste de gestion de la ressource à ne pas écarter d’un revers de main. »

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