Espionnage industriel : Apple accuse OpenAI de détruire les preuves
Alors qu’OpenAI veut rapidement clore le dossier, Apple multiplie les accusations dans ce qui s’annonce être l’affaire d’espionnage industriel de la décennie.
Le 31 août 2026 restera dans les annales de Cupertino comme le dernier jour de Tim Cook aux commandes, quinze ans presque jour pour jour après avoir succédé à Steve Jobs. John Ternus, patron de l’ingénierie matérielle depuis des années, prend le fauteuil ce mardi 1er septembre, avec une keynote calée dès le 9 , où les iPhone 18 sont attendus. Le même lundi, les avocats de la firme déposaient devant le tribunal fédéral de Californie du Nord une pièce de plus dans le procès qui l’oppose à OpenAI depuis le 10 juillet, et cette pièce a un nom : le MacBook de Chang Liu.
Pour ceux qui auraient raté les premiers épisodes, la plainte déposée le 10 juillet vise OpenAI, io Products (l’entité matérielle issue du rachat de la société de Jony Ive) et deux anciens de la maison. Tang Yew Tan d’abord, vingt-quatre ans chez Apple et désormais responsable du matériel chez OpenAI, puis Chang Liu, ingénieur systèmes senior parti en janvier après huit ans de service. Apple reproche à Liu d’avoir conservé un MacBook professionnel encore relié à ses réseaux, puis d’avoir exploité un accès résiduel et un bug d’authentification pour télécharger des dizaines de fichiers confidentiels. OpenAI conteste tout, qualifie la plainte d’ « étrangement personnelle » et en demande le rejet , en soulignant au passage qu’Apple n’avait tout simplement pas coupé les accès de son ancien salarié.
Le document déposé lundi ajoute un chapitre que Cupertino qualifie de « preuves choquantes » . Les avocats de Liu ont fini par remettre le MacBook qu’il utilisait depuis son départ, après des semaines de retard selon les écritures d’Apple, et une première analyse forensique en a tiré quatre constats. Liu aurait non seulement téléchargé un schéma de circuit confidentiel , mais s’en serait servi dans son travail chez OpenAI, via une simulation lancée en mars dans LTspice, un logiciel d’ingénierie électronique très répandu. Son accès persistant à un espace de stockage en ligne utilisé par Apple aurait été connu d’autres personnes chez OpenAI. À l’annonce d’une enquête interne le visant, il aurait envoyé à une collègue des instructions pour effacer des éléments, instructions qu’elle aurait confirmé suivre. Il aurait enfin utilisé un outil portant le même nom qu’une application interne d’Apple. Le tout reste une allégation, le document est en partie caviardé et la collègue en question n’est pas identifiée dans les passages rendus publics.
Dans un procès pour violation du secret des affaires, la boîte à outils du juge est connue depuis des décennies : ordonner la restitution des documents, interdire leur usage, faire détruire les copies. Le cas Liu complique l’affaire d’une manière assez inédite. Dans des messages de la même période, l’ingénieur expliquait que son « agent » d’intelligence artificielle avait appris à lancer LTspice et à en analyser les résultats.
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