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Il était empereur, il est devenu jardinier : voici l’incroyable destin du dernier monarque chinois

Ouest-France ·
Il était empereur, il est devenu jardinier : voici l’incroyable destin du dernier monarque chinois

On peut finir sa vie comme jardinier et documentaliste après avoir été empereur. C’est le destin de Puyi, qui, dans les années 1960, fut assistant jardinier dans les jardins botaniques de Pékin et documentaliste de la Conférence consultative politique du peuple chinois, une assemblée sans pouvoir de décision.

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Puyi n’était pourtant pas destiné à ces fonctions ! Héritier de la dynastie Qing qui règne sur la Chine depuis 1644, il devient le douzième empereur, en 1908, à la suite de son oncle. Il n’a même pas 3 ans. Évidemment, son père et sa tante se chargent des décisions politiques, mais il n’empêche : le « Fils du ciel » ou encore le « Seigneur des dix mille ans » est traité avec les honneurs de son statut quasi divin.

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Seulement, la Chine du XIX e et du début du XX e siècle connaît de profondes transformations. Le pouvoir de Pékin est de moins en moins fort, des provinces se révoltent ou font sécession. En 1911, la révolution Xinhai éclate. Puyi est déjà contraint d’abdiquer : il a 6 ans. L’empire, vieux de 2000 ans, s’effondre, place à la République. Mais on autorise l’empereur et sa cour à vivre dans une partie de la Cité interdite de Pékin.

Il profite de son palais, de ses jardins, presque comme si de rien n’était. Il peut continuer à pratiquer les rites ancestraux… et « fouetter les eunuques faisait partie de ma routine quotidienne, confiera-t-il dans une autobiographie validée par le Parti communiste chinois dans les années 1960. Ma cruauté et mon amour de l’exercice du pouvoir étaient déjà trop forts pour que la persuasion ait un quelconque effet. » Il sera brièvement rétabli empereur en 1917, suite au coup d’État d’un général, mais seulement pour deux semaines.

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Sa troisième expérience du trône sera plus longue. En 1924, il est expulsé de son palais et trouve refuge chez les Japonais. En 1931, les Nippons, qui ont conquis trois provinces historiques de la Mandchourie, une région de la Chine, le proclament… empereur du Mandchoukouo, un État fantoche. Empereur, on l’imagine aisément, tout aussi fantoche, il doit abdiquer après la défaite des Japonais en 1945 et se retrouve capturé par les Soviétiques.

Quand la République populaire de Chine est proclamée par Mao en 1949, l’empereur est renvoyé au pays. Pas pour y être exécuté, ce qu’il craignait, mais pour intégrer un camp de rééducation pendant dix ans où il apprendra à se brosser les dents et s’habiller seul, travailler… tout en devant s’initier au communisme. Gracié en 1959, il devient alors jardinier puis bibliothécaire, avant de mourir d’un cancer des reins en 1967. Non sans avoir écrit : « Je déteste la première moitié de ma vie, parce que c’est une expérience humiliante d’être un exploiteur et un parasite. » Son destin sera immortalisé dans les années 1980 par le film Le dernier empereur de Bernardo Bertulocci.

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