Vidéo, plainte, enquête… Ce que l’on sait de l’affaire du policier filmé en train de jeter un SDF au sol à Carcassonne
Le parquet de Carcassonne a annoncé, lundi 14 septembre 2026, l’ouverture d’une enquête pour « violences volontaires » visant un agent de la police nationale qu’une vidéo a montré en train de jeter à terre un SDF . L’homme est décédé en juin, plusieurs jours après l’intervention policière survenue. Voici ce que l’on sait.
Les faits se sont déroulés le 21 juin dernier, en marge de la Fête de la Musique à Carcassonne, alors qu’un groupe d’amis avait organisé « un apéro » au pied de l’immeuble où vivait l’un d’eux, a indiqué le frère du jeune homme décédé. C’est une vidéo, diffusée par le député La France insoumise Thomas Portes le 12 septembre sur X, qui a révélé les événements.
Sur la vidéo, on voit plusieurs agents de la police nationale s’approcher d’un groupe de personnes, postés devant une enceinte. Les policiers sont ainsi intervenus en raison de « nuisances sonores réitérées », selon le parquet. L’incident s’est produit vers 19 h 30, rapporte l’ Agence France-Presse ( AFP ).
La vidéo montre un fonctionnaire de la police nationale, accompagné de policiers municipaux, saisir par derrière un jeune vêtu d’un tee-shirt sans manches kaki et d’un short bleu, qu’il projette violemment par terre, devant plusieurs grosses enceintes et au milieu d’un petit groupe visiblement éméché.
Le jeune dont la tête heurte le sol avec force se tient le crâne pendant quelques instants, avant d’être relevé par les policiers, sous les invectives d’un groupe de personnes choquées par l’action des policiers.
Après avoir été relevé, le jeune homme marche, le pas hésitant devant la caméra, en se touchant l’arrière de la tête à plusieurs reprises.
L’homme, âgé de 29 et sans domicile fixe depuis l’âge de 16 ans, selon le parquet, est décédé le 3 juillet. Selon les informations de Mediapart , qui est entré en contact avec la famille de l’homme décédé, il souffrait d’une addiction sévère à l’alcool et avait choisi un mode de vie « marginal » par goût de liberté.
La procureure de la République Géraldine Labialle a précisé qu’ « à ce jour, en l’état des investigations, il n’existe […] aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après ».
« Une enquête en recherche des causes de la mort » et « l’autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient toute lésion traumatique suspecte en faveur de l’intervention d’un tiers et privilégient la cause toxique au regard [des] antécédents connus de polytoxicomanie » du jeune homme qui, selon le parquet.
Le lien entre l’intervention et la mort du jeune homme est également écarté par la famille. « Nous, on n’établit pas de lien. On ne va pas remettre en cause le travail du médecin légiste », a déclaré à l’ AFP un frère de la victime qui, selon lui, vivait chez ses parents.
Une plainte a été déposée dimanche dans une gendarmerie de Carcassonne par la famille du jeune homme, a précisé son frère, ajoutant que la fratrie serait « reçue par l’IGPN au commissariat » lundi « pour apporter plus d’éléments ».
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