Amende record pour Syma Mobile : le petit opérateur d'Altice paie cher son démarchage téléphonique abusif
Sanctionné pour avoir harcelé des consommateurs pourtant inscrits sur liste rouge, l'opérateur low-cost Syma Mobile a écopé d'une lourde amende pour ses finances. Une sanction qui est tombée alors que le MVNO change bientôt de propriétaire.
Un peu plus d'un million d'euros, c'est ce que doit régler Syma Mobile, l'opérateur virtuel appartenant au groupe Altice France, après une enquête menée par les autorités de la consommation, dont les conclusions ont été rendues publiques le mercredi 16 septembre 2026. En cause, des pratiques de démarchage téléphonique contraires au Code de la consommation, révélées par les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à Paris. Cette sanction arrive à un moment charnière pour l'opérateur, appelé à rejoindre prochainement le giron d'Orange dans le cadre du rachat de SFR .
Syma Mobile, dont le siège se trouve dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, est exploité par la société SASU Syma. C'est elle qui a été passée au crible par la Direction départementale de la Protection des populations (DDPP), l'organisme chargé, entre autres, de veiller au respect des droits des consommateurs face aux entreprises. Plusieurs infractions répétées aux règles qui encadrent le démarchage téléphonique commercial ont été relevées, et c'est d'autant plus dommageable que ce domaine fait partie de ceux sur lesquels les autorités resserrent de plus en plus la vis, à mesure que les plaintes des consommateurs se multiplient.
D'après les enquêteurs, Syma Mobile aurait négligé une obligation légale essentielle. Au moment du contrôle, tout démarcheur avait l'obligation, chaque mois, de comparer sa liste de prospects avec Bloctel, le registre national sur lequel des millions de Français se sont inscrits pour ne plus être appelés à des fins commerciales. Ce croisement des fichiers n'aurait pas été effectué par l'opérateur, qui a ainsi continué à démarcher des personnes ayant pourtant explicitement fait valoir leur droit à la tranquillité, une pratique que le Code de la consommation interdit noir sur blanc. Notons que, depuis, Bloctel a disparu.
Autre grief, Syma Mobile aurait aussi dépassé le nombre de sollicitations autorisé par la loi. Le Code de la consommation fixe en effet une limite claire pour éviter le harcèlement téléphonique : un même consommateur ne peut être démarché plus de quatre fois sur une période de 30 jours, qu'il ait répondu ou non aux appels précédents. Or, l'enquête dévoilée par la DGCCRF révèle que certains clients ont été sollicités au-delà de ce seuil légal, un excès de zèle commercial qui a lui aussi pesé dans la balance au moment de fixer le montant de la sanction.
Un opérateur déjà sous le feu des projecteurs Au vu de l'ensemble de ces manquements, la Directrice départementale de la Protection des populations de Paris a tranché, avec une amende administrative de 1 101 228 euros, plus d'un million d'euros. Il s'agit d'une somme assez conséquente pour un opérateur virtuel de taille modeste.
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