70 ans du congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne 5/9 : Frantz Fanon, "Racisme et culture"
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En 1956, Frantz Fanon prononce un discours historique intitulé "Racisme et culture" à la Sorbonne. Cette archive commentée par des spécialistes permet de comprendre comment le psychiatre et penseur relie racisme, culture et système colonial, jusqu’à défendre ouvertement l’indépendance algérienne.
Professeur en histoire critique de la philosophie à l’Université Toulouse-Jean Jaurès
“La fin logique de cette lutte est la libération totale du territoire national” : le 20 septembre 1956 ces quelques mots de Frantz Fanon prononcés au Congrès international des écrivains et artistes noirs passent immédiatement à la postérité. Le psychiatre et intellectuel martiniquais vit alors en Algérie, pas encore indépendante. Son discours intitulé "Racisme et culture" marque un tournant en affirmant la nécessité de la libération politique. En 2011, "La Fabrique de l’Histoire" fait entendre cette archive rare et la confronte au regard de spécialistes de son œuvre.
En 1956, Fanon est psychiatre en Algérie et s’engage de plus en plus ouvertement contre le système colonial. Dans son discours, il montre que le racisme n’est pas seulement une affaire de préjugés individuels : il s’inscrit dans l’organisation même de la société coloniale. Il analyse aussi la manière dont la domination finit par atteindre la culture du peuple colonisé, jusqu’à produire une forme de "momification" . Pour Fanon, la culture ne peut donc pas être séparée de la lutte : elle se transforme lorsque les colonisés reprennent leur histoire et leur capacité d’agir.
Organisé par la revue Présence africaine , le Congrès de 1956 est souvent présenté comme un "Bandung culturel", dans le sillage de la conférence des pays nouvellement indépendants de Bandung de 1955. Mais Fanon donne à cette rencontre une dimension politique nouvelle. Son expérience antillaise et algérienne lui permet de relier différentes situations coloniales et de penser le racisme comme un système d’oppression global.
Dans l’émission, Jacques Chevrier, Raffik Chekkat et Matthieu Renault commentent cette archive exceptionnelle et éclairent la portée d’un texte où Fanon annonce déjà la rupture à venir alors qu'un grand nombre d’intellectuels issus des peuples colonisés par la France envisagent encore avec réticence l’idée même d’une lutte pour l’indépendance.
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