Les mises en garde de ces anciennes figures des Gilets jaunes avec l’appel à la remobilisation
Comme un air de déjà-vu. En parallèle de la manifestation voulue par l’intersyndicale le 29 septembre, des messages appelant à une mobilisation le 17 octobre circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, sur fond de hausse des prix des carburants et du coût de la vie. Des doléances qui ne sont pas sans rappeler celles qui ont initié le mouvement des Gilets jaunes en 2018.
Un retour validé par une partie de la classe politique, dont le communiste Fabien Roussel, qui a relayé l’appel sur X. « Une fois encore, mobilisons-nous sur les ronds-points, devant les préfectures, devant l’Élysée et les ministères ! » Même avis du côté de LFI : « Le 29 septembre, c’est une mobilisation intersyndicale à l’appel des organisations syndicales. On l’appuie, on la soutient. La mobilisation du 17 octobre, si elle se confirme, évidemment, on la soutiendra également » , a assuré Manuel Bompard, coordinateur du parti, dimanche 13 septembre.
Un engouement des politiques qui ne semble pas être partagé par les figures qui ont émergé il y a huit ans. À commencer par Thierry-Paul Valette. Invité sur RMC ce lundi 14 septembre, celui qui a depuis quitté le mouvement des Gilets jaunes pour se lancer en politique a fait part de ses craintes. « Je n’y suis absolument pas favorable. Si le mouvement devait revenir, ce serait terrible, je pense qu’il y aurait des morts » , a-t-il affirmé. « La société d’aujourd’hui n’est plus la même qu’il y a huit ans, elle s’est radicalisée. [...] Aujourd’hui, la colère est beaucoup plus importante. »
De son côté, Jérôme Rodrigues, devenu un symbole du mouvement après avoir été visé par une grenade de désencerclement et avoir perdu un œil. En réponse à une publication sur X s’interrogeant sur un possible retour des Gilets jaunes, il a fait part de son scepticisme : « Si c’est le cas… Il va falloir protéger nos yeux ! À part ça, vu les discussions que j’ai avec les gens que je rencontre, cela me paraît compliqué ».
Un avis partagé par Priscillia Ludosky, militante à l’origine de la pétition publiée en mai 2018 sur la hausse des taxes sur le carburant. Six mois plus tard, elle recueille un million de signatures et contribue largement à lancer le mouvement. Huit ans plus tard, elle semble bien plus frileuse à l’idée de descendre une nouvelle fois dans la rue. « C’est assez compliqué de se projeter quand on ne sait pas l’ampleur que ça peut prendre » , a-t-elle expliqué au micro de BFMTV ce lundi 14 septembre.
Toujours impliquée dans les cercles militants, elle explique que ses proches ont observé que certains Français ne s’étaient pas tout à fait remis des événements de 2018. Beaucoup de manifestants avaient été blessés, parfois très grièvement. « Beaucoup de gens voient le sommet de l’iceberg, mais ce à quoi les gens ne pensent pas forcément, c’est le travail logistique. On n’improvise pas un million de personnes dans la rue en faisant des appels sur les réseaux sociaux » , a-t-elle expliqué. Toutefois, si le mouvement venait à prendre de l’ampleur, « évidemment que j’irai manifester » , a-t-elle conclu.
Ingrid Levavasseur, Maxime Nicolle ou Éric Drouet, autres personnalités du mouvement, n’ont pour l’instant pas réagi.
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