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«Il s’agit simplement de survivre»: en Ukraine, des familles quittent Kiev pour protéger leurs enfants

RFI ·
«Il s’agit simplement de survivre»: en Ukraine, des familles quittent Kiev pour protéger leurs enfants

En Ukraine, la Russie poursuit désormais ses raids aériens de jour comme de nuit. Plus rapides et plus difficiles à intercepter, les drones à réaction rendent le quotidien infernal, notamment à Kiev. À bout, certaines familles se préparent à quitter la capitale à l’approche de l’hiver.

Écouter - 01:27 Par : RFI Publicité Lire la suite Avec notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo

Anastasia, 33 ans, avocate, nous reçoit à la terrasse d’un café, à deux pas de chez elle . La vitrine vient d’être remplacée après avoir été soufflée par l’explosion d’un drone russe, le 4 septembre dernier, à 15h30.

« Habituellement, à cette heure-là, ma fille se promène près de ce bâtiment. Elle descendait déjà les escaliers et s’apprêtait à sortir avec sa nounou. À cinq minutes près, elle se serait trouvée à proximité de l’immeuble au moment de la frappe », témoigne-t-elle.

C’est la « goutte de trop ». Depuis la fin de l’été, Erika, sa fille de 18 mois, montre des signes d’anxiété : « Elle a commencé à avoir des crises, à pleurer apparemment sans raison. Il y avait un lien très clair entre l’intensification des attaques et son comportement, avec la manière dont son système nerveux réagit aux bruits qui lui rappellent un coup de feu ou une alerte aérienne. »

Il est 9h du matin et c’est déjà la troisième alerte de la journée. Alors pour protéger sa fille, Anastasia a décidé de quitter la ville. D'ici à quelques jours, elles partiront dans un village des Carpates à l’ouest de l’Ukraine.

« L’hiver dernier a été extrêmement dur, mais nous sommes restés, même avec un bébé. Aujourd’hui, j’ai l’impression de renoncer à mes propres principes. Mais finalement, ce n’est pas une question de principe. Il s’agit simplement de survivre et d’essayer d’offrir une enfance à peu près normale à son petit », explique-t-elle.

Un choix douloureux pour Anastasia, qui laisse derrière elle son époux. Mais elle se refuse, pour l’heure, à quitter son pays.

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