Ce système pourrait "récolter des milliards et des milliards d'euros": de Gabriel Attal au PS, la retraite par capitalisation n'est peut-être plus un tabou en France
La retraite par capitalisation pourrait bien devenir l’un des grands sujets économiques de la campagne présidentielle de 2027. En quelques jours, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal et le candidat à la primaire socialiste Philippe Brun ont tous défendu, selon des modalités différentes, l’introduction d’une dose de capitalisation dans le système français.
Invité de BFM Business, Sébastien Martin a relié directement cette question à celle de la compétitivité industrielle . Produire en France coûte plus cher qu’ailleurs parce que le pays possède "un modèle social qui coûte très cher", a estimé le ministre. L’enjeu de 2027 sera donc, selon lui, de préserver cette protection sociale tout en redonnant des marges de manœuvre aux entreprises.
Gabriel Attal veut, lui aussi, sortir des traditionnelles réformes "paramétriques", qui consistent à reculer l’âge de départ, augmenter les cotisations ou ralentir la progression des pensions. Invité de BFMTV, le secrétaire général de Renaissance a défendu un "système universel" dans lequel la durée de cotisation remplacerait l’âge légal comme principal critère.
"Vous travaillez tôt, vous partez tôt, vous travaillez tard, vous partez tard", résume l’ancien Premier ministre. Une proposition conçue pour se démarquer d’Édouard Philippe, favorable à un nouveau recul de l’âge de départ (il évoquait 67 ans). Gabriel Attal souhaite également introduire une part de capitalisation, qu’il juge "bonne pour le système" comme pour le niveau des pensions.
La nouveauté vient surtout de l’élargissement politique de cette idée. Le député socialiste Philippe Brun, candidat à la primaire de la gauche, propose lui aussi de compléter la répartition par une capitalisation collective. Son projet passerait par une "caisse populaire" chargée de placer une partie de l’épargne au service de l’économie française. La proposition reste très éloignée d’une privatisation complète des retraites, mais elle témoigne de la progression d’un sujet encore largement tabou à gauche il y a quelques années.
Mais concrètement c'est quoi la différence entre notre système par répartition et un système de retraite par capitalisation ? Dans un régime par répartition, les cotisations des actifs servent immédiatement à payer les pensions des retraités. Donc, mécaniquement, plus il y a de retraités par rapport aux actifs, plus ces derniers paient des cotisations élevées.
Avec la capitalisation, c'est différent. Les sommes versées sont investies pendant la vie professionnelle, puis restituées au moment de la retraite sous forme de rente ou de capital.
La France possède déjà de tels dispositifs, notamment le Plan d’épargne retraite créé par la loi Pacte. Fin 2025, les PER comptaient 12,9 millions de titulaires et 150,4 milliards d’euros d’encours, en hausse de 20% sur un an, rappelle Bercy . Plus de 60% de leurs actifs finançaient directement des entreprises via des titres émis comme des actions et des obligations d’entreprise.
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