François Durvye, proche de Bardella, prend ses distances avec le RN après la candidature de Le Pen
Comme ses rivaux, Marine Le Pen participait ce jeudi 27 août au premier débat de la présidentielle devant le Medef et un parterre de patrons. Au même moment, Le Figaro révélait que l’un des hommes forts du RN sur les thématiques économiques, François Durvye, prenait la décision de ne pas participer à la campagne présidentielle de la cheffe de file d’extrême droite.
Ceci avec une explication limpide : François Durvye préfère « ne pas avoir à défendre auprès des milieux économiques des positions en lesquelles il ne croit pas » , rapporte Le Figaro .
L’homme de 42 ans, proche du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin dont il gérait la fortune avant cette aventure au Rassemblement national, avait pris de l’importance au sein du parti à la flamme. Depuis le 1er avril, il était officiellement « conseiller spécial » du président du RN Jordan Bardella.
Il n’aura été qu’ « éphémère » à ce poste, comme il l’écrit désormais dans sa bio sur X, confirmant quitter son poste. Au sein du parti fondé par Jean-Marie Le Pen sous le nom de Front national, il était surtout reconnu comme l’un des principaux artisans d’une poussée libérale, notamment sur la question de la réforme des retraites.
Avant même cette nomination officielle, François Durvye agissait depuis de longues années dans l’ombre au service de Marine Le Pen, rappelle Le Figaro . Le polytechnicien a notamment contribué à l’introduire auprès de grands patrons, s’attachant à « accroître les réseaux et la crédibilité du RN dans les milieux économiques », raconte un proche de la candidate auprès du journal.
L’annonce de ce départ n’est donc pas anodine. Et dévoile un secret de Polichinelle : François Durvye poussait pour la candidature de Jordan Bardella à la présidentielle. Le Monde explique que l’homme d’affaires avait trouvé en la personne du président du RN « une oreille plus attentive » à sa volonté de libéraliser davantage le programme économique du parti.
L’Opinion va même plus loin : Marine Le Pen aurait été alertée « d’actes déloyaux » venant de la part de François Durvye dès le 7 juillet dernier, après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires, à la suite de laquelle elle a tout de même choisi d’être candidate.
La réaction assez désinvolte de Marine Le Pen à l’annonce de ce départ accrédite encore un peu plus l’idée d’une rupture franche. « Je l’ai souhaité, donc je ne le déplore pas. Je ne m’étalerai pas dessus, mais nous avons beaucoup de contacts avec les chefs d’entreprise », a-t-elle minimisé au micro de BFMTV, à la sortie du débat de ce jeudi.
Ce départ préfigure-t-il de tensions entre les deux têtes du RN ? Certains observateurs, notamment du côté de La France insoumise , ont insisté sur l’absence de Jordan Bardella auprès de Marine Le Pen lors du débat au Medef. Aucune justification n’a été donnée au sein du parti.
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