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Technologie

Nintendo bat un record de retraits d’émulateurs, et ça ne change rien au problème

01net ·
Nintendo bat un record de retraits d’émulateurs, et ça ne change rien au problème

Nintendo a déposé sept notices DMCA en une seule journée, faisant tomber plus de 400 dépôts d’émulateurs Switch sur GitHub, dont Suyu et Skyline.

Nintendo vient de signer sa plus grosse opération de retrait d’émulateurs Switch à ce jour, et pourtant, rien ne dit qu’elle aura plus d’effet que les précédentes. En une seule journée, l’entreprise a déposé sept notices DMCA distinctes auprès de GitHub, la plus grande plateforme d’hébergement de code au monde. Résultat, plus de 400 dépôts liés à des émulateurs de la console ont disparu d’un coup. Un chiffre impressionnant, mais qui ne change pas grand-chose à un problème que Nintendo n’est jamais parvenu à éradiquer.

La notice la plus lourde de conséquences vise Suyu, un émulateur apparu juste après l’effondrement de Yuzu en 2024. Le réseau de dépôts liés à ce projet dépassait les 100 entrées, un seuil au-delà duquel GitHub traite l’ensemble de la grappe d’un coup plutôt que dépôt par dépôt. Résultat, 311 dépôts sont tombés en une seule notice, soit plus des trois quarts du total de l’opération.

Les six autres notices ciblaient des projets plus modestes, mais tout aussi variés. Parmi eux, Skyline, un émulateur pour Android que ses développeurs avaient pourtant arrêté de leur plein gré en 2023, perd 29 dépôts. MonoNX, un émulateur écrit en C#, en perd 17. Plusieurs forks de Yuzu complètent la liste, certains ne représentant qu’un seul dépôt principal, d’autres des dizaines de copies dérivées.

Dans les sept notices, Nintendo avance systématiquement le même raisonnement. Selon l’entreprise, ces émulateurs utiliseraient des copies non autorisées des clés de chiffrement protégeant ses jeux pour décrypter des ROMs piratées au moment de l’exécution, ce qui constituerait une violation du DMCA, la loi américaine sur le droit d’auteur.

Pour appuyer sa position, Nintendo cite systématiquement deux précédents. D’abord le règlement à l’amiable conclu en 2024 avec Tropic Haze, la société derrière Yuzu , soldé par 2,4 millions de dollars. Ensuite la condamnation, en octobre dernier, du streamer Jesse Keighin, alias EveryGameGuru, à 17 500 dollars par un tribunal du Colorado. Dans les deux cas, la question de l’émulation elle-même n’a jamais été tranchée sur le fond : le premier est un accord à l’amiable, le second un jugement par défaut rendu après que le streamer a cessé de répondre à la procédure.

GitHub affirme pourtant examiner ces demandes avec attention et préférer laisser le contenu en ligne en cas de doute sur sa légalité. Mais le précédent Yuzu semble avoir rendu ce type de retrait quasi automatique pour la plateforme.

Tous les projets visés cette semaine avaient, en théorie, déjà été neutralisés par le passé. Yuzu a réglé son litige avec Nintendo début 2024, Ryujinx a fermé ses portes en octobre de la même année. Mais le code source de ces projets continue de circuler, d’être forké et remis en ligne par d’autres développeurs, ce qui les remet régulièrement sur le radar de Nintendo.

Pour l’entreprise japonaise, obtenir la suppression de ces dépôts reste la partie facile.

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