Témoignage. Elle se confie sur son couple interreligieux : « J’ai dû choisir entre mon mari et mes parents »
Série : En couple, envers et contre tous [1/3] - Différence d’âge, de religion, de ville ou de pays : malgré des difficultés et préjugés, certains couples arrivent à surmonter les obstacles sur leur route et montrent que les relations amoureuses ne rentrent pas toujours dans des cases. Myriam s’est battue pour son couple, qui l’a séparé plusieurs années de sa famille à cause de religions différentes.
L’amour ne suit pas toujours les chemins que l’on imagine. Certains couples se sont construits malgré une importante différence d’âge, des milliers de kilomètres, des modes de vie différents ... Myriam (*) rencontre celui qui partage aujourd’hui sa vie au début de leur vingtaine. Cette histoire d’amour, elle la vivra cachée, puisqu’elle sait qu’elle ne sera pas acceptée par sa famille : lui est issu d’une famille sicilienne catholique, elle vient d’une famille algérienne musulmane avec des parents très pratiquants. Dans la famille de Myriam, épouser un non musulman est impensable. « Je savais que si mes parents connaissaient l’existence de cette relation, ils m’auraient reniée », assure-t-elle. À cette époque, en outre, son frère est malade. Myriam refuse de prendre le risque de perdre le lien avec lui. « Je ne voulais pas me fâcher avec mes parents pour ne plus voir mon frère. » Alors, malgré les sentiments, le couple finit par se séparer après quelques années ensemble.
Lui refait sa vie. Myriam, elle, traverse des problèmes de santé. Mais la séparation ne signifie pas qu’ils disparaissent chacun de la vie de l’autre. « Nous n’avions pas perdu le contact », précise-t-elle. Quatre ans plus tard, ils se retrouvent. Cette fois, Myriam fait un choix. Ils se remettent ensemble, se marient en 1992. Mais le mariage a un prix. Du côté de son mari, toute la famille est présente et accepte cette relation et ces deux religions différentes. Du sien, seules trois de ses sœurs viendront. Ses parents, eux, seront absents, comme une partie de la fratrie.
« Quand j’ai décidé d’épouser mon compagnon, je savais quelles en seraient les conséquences. Je savais que mes parents, par conviction religieuse, allaient me renier, me fermer la porte. » Myriam ne s’était pas trompée. Pendant cinq ans, ils ne lui adressent plus la parole et ne seront pas présents à la naissance de ses deux premiers enfants. « C’était très dur, parce que j’ai dû choisir entre mon mari et mes parents », souligne-t-elle. Dans cette période douloureuse, Myriam peut compter sur sa belle-famille, qui l’accueille et la soutient. Elle peut aussi compter sur certaines de ses sœurs. Pour autant, la situation reste pourtant particulièrement difficile à vivre pour celle qui espérait toujours pouvoir renouer avec ses parents un jour.
Cinq ans après son mariage , elle apprend un jour que son père est en train de revenir d’un pèlerinage à La Mecque. Alors, elle tente un coup de poker. Avec une autre de ses sœurs, qui vit une situation similaire, rejetée par ses parents à cause d’un mariage mixte, elle décide d’aller à sa rencontre à l’aéroport. Elles l’attendent à sa sortie de l’avion et lui demandent pardon. « On avait une peur bleue qu’il nous rejette.
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