"J'ai jamais raté quelqu'un": le procès de la figure du narcobanditisme marseillais Christopher Aouni s'ouvre pour quatre semaines
Dépeint comme un électron libre du narcobanditisme marseillais , Christopher Aouni, 41 ans, comparaît à partir de mardi 1er septembre devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône . Il est suspecté d'avoir participé à un épisode violent de la lutte entre deux groupes de trafiquants à Perpignan (Pyrénées-Orientales) début 2020.
Le Vitrollais, qui s'est présenté à l'ouverture du procès comme un éducateur sportif, est soupçonné d'avoir été recruté par le clan dirigé par Hakim Djidel, en guerre contre un ex-associé pour la mainmise sur le point de deal de "Bétriu" dans une cité perpignanaise affichant un chiffre d'affaires quotidien entre 30.000 et 50.000 euros. Devant la cour, Christopher Aouni et ses co-accusés ont à nouveau contesté la moindre participation à ce contrat fixé à 100.000 euros, selon les enquêteurs.
Dans la nuit du 11 au 12 mai 2020, des tirs en rafales ciblaient notamment le véhicule d'un membre de l'équipe adverse qui a nié avoir fait l'objet d'une tentative d'assassinat.
Des surveillances opérées au cours des jours précédents mais surtout les messages échangés entre les accusés ont conduit à la mise en cause d'une équipe qui, selon l'accusation, aurait été recrutée par Hakim Djidel, alors installé aux Émirats arabes unis. Sous le coup d'un mandat d'arrêt, celui-ci est jugé par défaut pour un rôle de commanditaire. Cinq autres accusés répondent également de cette tentative d'assassinat en bande organisée et un accusé comparaît pour le seul délit d'association de malfaiteurs.
Tous ont contesté, mardi, leur participation à cette lutte acharnée entre narcotrafiquants. Christopher Aouni avait justifié sa présence dans les Pyrénées-Orientales par une volonté de se cacher après une tentative d'assassinat le visant.
Ayant appartenu, selon la police judiciaire, au clan criminel dit de Marignane, Christopher Aouni se voit opposer le décryptage de messages échangés sur l'application sécurisée Encrochat. Dans un téléphone cassé retrouvé sous le lit d'une chambre qu'il occupait dans une villa de Cannet du Roussillon, le camp de base de l'équipe, les propos semblent accablants.
Un interlocuteur au pseudonyme "Clawregent" échange au lendemain des tirs n'ayant pas atteint leur cible avec un autre au pseudonyme de Wittman. Il assure être bien connu de la "crim'" [brigade criminelle] et invite à chercher sur internet l'évocation d'un double assassinat à La Valentine. Christopher Aouni a été condamné en novembre 2025 à trente ans de réclusion pour un double assassinat commis en février 2016 sur le parking du centre commercial de La Valentine à Marseille - il a fait appel.
Christopher Aouni dément avoir jamais utilisé ce téléphone et ce pseudonyme.
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