Manifestation du 17 octobre : appels, cortèges… Suivez la journée de mobilisation
À Rennes, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant, avec des poubelles et des grosses palettes, aux abords d’un grand centre commercial. À Lyon, « un groupe de 40 individus a été dispersé » près d’un pont sur le Rhône reliant la Presqu’île au centre-ville, « après une tentative d’entrave à la circulation », selon la préfecture, et un groupe d’une dizaine de personnes dispersé aussi près de la raffinerie de Feyzin.
À Marseille, le grand boulevard du Prado a été momentanément bloqué par des poubelles et des trottinettes avant d’être dégagé par les CRS qui emboîtaient le pas aux manifestants. À 10 h 30, des poubelles et conteneurs à ordures étaient mis à feu par des jeunes sur la voie publique à proximité d’une ligne de tramway.
Ce samedi 17 octobre devrait voir des expressions communes à différentes « colères ». L’ampleur de la mobilisation pour le reste de la journée reste difficile à anticiper, au premier jour des vacances scolaires et alors qu’une intersyndicale a pour sa part appelé les salariés du public et du privé à manifester et faire grève le 5 novembre, notamment pour les salaires et les services publics.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, l’appel à la mobilisation s’adresse aussi aux habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités, invités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de points stratégiques. Quelque 1500 actions, manifestations ou blocages, étaient annoncées dans toute la France sur ce site Internet dédié, même si certaines n’ont pas eu lieu, comme l’ont constaté des journalistes de l’AFP au péage du pont de l’Île de Ré et à Bordeaux, entre autres.
« On est là pour protester contre des moyens déplorables qui sont donnés à l’éducation et contre les violences policières. La jeunesse, elle, dit : on a un message : on veut juste être éduqués dans de bonnes conditions », a déclaré à l’AFP Aude, étudiante, un masque sur le visage.
« Il faut que le gouvernement apporte des réponses politiques sur son budget, sur la question des salaires, sur le blocage des prix du carburant », a déclaré samedi sur RMC Agathe Le Berder, membre du bureau confédéral de la CGT, syndicat qui soutient les actions là où les « conditions seront réunies ».
« Des débordements sont anticipés dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes » et « les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées », a prévenu l’entourage de Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur qui a autorisé l’usage de grenades assourdissantes, dont l’usage avait été suspendu pour le mouvement lycéen après des incidents graves.
Selon une source policière, quelque 150 000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne, autour de 40 000 à Paris.
Le parcours du cortège parisien a fait l’objet de discussions serrées avec la préfecture de police, qui a pris des arrêtés d’interdiction de manifester dans plusieurs secteurs stratégiques, autour de l’Élysée, de Matignon et incluant les Champs-Élysées. Organisations étudiantes et lycéennes voulaient aller « jusqu’aux lieux de pouvoir » dans le centre de la capitale, ce qui n’a pas été autorisé.
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