La France, pays le plus visité par les papes
Léon XIV effectue sa première visite en France, passant par Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. À l’ère contemporaine, depuis que les voyages des souverains pontifes sont devenus essentiels à l’activité du Saint-Siège, la France est le pays qu’ils ont le plus visité (après l’Italie, évidemment).
“ La France cuit le pain intellectuel de la chrétienté ”. En 1964, Paul VI ne se rend pas à Paris mais à l’église Saint-Louis des Français de Rome pour le 800e anniversaire de Notre-Dame. Il y prononce un message plein d’affection pour le pays de Saint-Louis et sa très longue histoire religieuse. Ce pape très francophile, celui qui a initié les voyages apostoliques contemporains en 1964, ne franchira jamais les Alpes mais son approche de la France révèle ce qui inspirera beaucoup de papes en venant dans l‘hexagone. Léon XIV, du 25 au 28 septembre, sera le quatrième pape de l’ère contemporaine à visiter l’hexagone.
Jean-Paul II y viendra à huit reprises au cours de son long pontificat (1978-2005) aux plus de 100 déplacements à l’étranger. L’un des plus marquants est le premier. Nous sommes en mai 1980, il est élu depuis moins de deux ans, premier pape non italien depuis cinq siècles et premier aussi venu du monde communiste. Le 27 mai 1980, lors d’une messe au Bourget en banlieue parisienne, il prononce cette adresse : “ France, fille ainée de l’église, qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ”. Les années 1960 et 70 ont été marquées par une rapide sécularisation du pays, qui inquiète au Vatican.
Deux autres étapes de ce voyage marqueront les esprits : à l’Unesco (où se rendra Léon XIV, quarante-six ans après), Jean-Paul II prononce un vibrant plaidoyer pour la Culture, “L’homme vit d’une vie vraiment humain grâce à la Culture”, établissant un lien étroit entre les nations et leur culture, lui qui avait vécu sous l’étouffoir communiste. Et à la basilique de Saint-Denis, il célèbre une messe pour les ouvriers, français et étrangers, terminant son homélie par quelques mots en espagnol et en portugais. Sur la façade, est affichée une banderole qui reprend un slogan de la Jeunesse ouvrière chrétienne : " Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde" .
Autre séjour marquant, pour les “Journées mondiales de la jeunesse” qu’il avait inventées. Ils sont un million à participer à la messe à Longchamp. On parle à cette époque de génération JMJ pour décrire ce flux inattendu de catholiques du monde entier qui converge vers Paris. En 2025, au moment des 20 ans de la mort de Jean-Paul, Stefano Cascio, prêtre franco-italien aujourd’hui en poste dans la région romaine et qui se présente comme un représentant de cette génération Jean-Paul II, se souvenait, lors d’un entretien avec Radio France, de ce voyage auquel il avait participé comme fidèle en en 1997 : “ À Lonchamp (lors de la veillée avant la messe ndlr), on dormait les jambes complètement repliées parce qu’il n’y avait pas assez de place, dans le métro les gens chantaient d’un côté à l’autre du quai. Dans nos paroisses, il n’y avait pas de jeunes et c’est la première fois que j’ai découvert qu’il y avait d’autres jeunes qui croyaient en Dieu, ça m’a changé la vie ”.
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