Témoignage. « Nous étions en danger » : les choix difficiles de Marlène face à la violence de son fils
Série : Mon enfant me maltraite [2/4] - Insultes, menaces, intimidations, coups… Comment le comportement d’un enfant peut devenir si agressif qu’il en devient dangereux pour sa famille ? Dans cette série de témoignages, des parents racontent comment ils ont vécu ces violences, les conséquences sur toute la famille et les solutions qu’ils ont tenté de trouver. Deuxième épisode avec Marlène, dépassée par son fils devenu incontrôlable.
En remontant le fil de l’enfance de son garçon, Marlène (*) reconnaît qu’il a montré des signes d’agitation et de violence dès son plus jeune âge. « Il pouvait être agressif et était beaucoup dans l’opposition. Je ne voulais peut-être pas voir les choses, mais les gens autour de moi me disaient qu’il faisait des choses bizarres, il pouvait par exemple être violent avec les animaux. Dans la voiture, il refusait d’être attaché. Il y avait une agressivité importante, même en bas âge », se remémore la maman, qui vit à Angers (Maine-et-Loire). « Il a toujours eu du mal à accepter la frustration et s’est toujours inscrit dans un rapport dominant-dominé. »
À ses huit ans, son père part vivre en Corse. Marlène se retrouve alors seule à gérer les difficultés de son fils et les comportements violents qui se multiplient. « Il était toujours dans la provocation. Il a, par exemple, mis le feu à une poubelle, crevé les pneus de ma voiture pour faire accuser son beau-père. J’enchaînais des nuits sans sommeil. Tant de moments difficiles qui m’ont amenée à des arrêts de travail longs », souffle-t-elle.
À 10 ans, la situation continue de se dégrader. Son fils se met en danger, par exemple en montant sur la barrière du balcon. Sa violence verbale et physique touche sa mère mais aussi sa demi-sœur, plus jeune que lui. Il finit par être exclu de l’école puis déscolarisé. Lors d’une nouvelle crise particulièrement violente, les gendarmes sont intervenus et une hospitalisation en psychiatrie est décidée. Le garçon y restera quatre mois. Mais son retour à la maison ne se passe pas comme espéré. La violence reprend de plus belle. Il intègre alors un ITEP (institut thérapeutique, éducatif et pédagogique), un établissement médico-social qui accompagne des enfants, adolescents ou jeunes adultes présentant des troubles du comportement et des difficultés psychologiques perturbant gravement leur adaptation sociale, en internat, tout en continuant à connaître des périodes d’hospitalisation.
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