Comment ce pays rase ses villages et modifie un tiers de son territoire pour bâtir sa Silicon Valley
Chan Yuk-tong espérait finir sa vie dans une de ces maisons de brique de Hong Kong l’ayant vu grandir. Mais le retraité s’est résigné : son village sera bientôt démoli pour faire place à un grand pôle technologique.
Environ un tiers du territoire hongkongais - villages, marais et terres agricoles - doit être métamorphosé pour accueillir la « Northern Metropolis », une Silicon Valley hongkongaise. Le pari du gouvernement local : 650 000 emplois et de quoi loger 2,5 millions de personnes.
« Je ne supporte pas d’avoir à partir […] Si le gouvernement ne développait pas ce territoire, j’y passerais probablement le reste de ma vie », regrette Yuk-tong Chan, 71 ans, en rassemblant ses affaires dans sa cour devant l’Agence France-Presse (AFP).
Le projet doit aussi renforcer les liens entre les deux régions administratives spéciales chinoises (Hong Kong et Macao, sa voisine) et neuf villes chinoises environnantes.
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Défenseurs de l’environnement et ONG mettent en garde contre les conséquences sur la faune et la flore, les populations et les finances publiques.
« Si l’on construit une nouvelle ville sur un lieu jusque-là bien préservé, cela sera inévitablement très destructeur, quelles que soient les mesures prises pour en atténuer les effets », anticipe Brian Wong de Liber Research Community, ONG spécialiste des questions foncières.
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Ce « nouveau moteur économique » annoncé en 2021 doit s’étendre sur 30 000 hectares. Au moins 25 villages seront rasés, d’après cette ONG.
Plusieurs départements du gouvernement local ont dit à l’AFP souhaiter intégrer des zones rurales au projet d’aménagement, mais que les maisons ancestrales telles que celle de Yuk-tong Chan n’avaient pas un intérêt culturel suffisant pour être préservée.
Les projets d’intégration accrue de Hong Kong à la Chine ont longtemps suscité l’opposition dans l’ex-colonie britannique. Mais la loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 après de grandes manifestations prodémocratie a tu les voix discordantes.
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Cela a « mis efficacement un terme au principe “un pays, deux systèmes” qui octroyait à Hong Kong un “haut degré d’autonomie” », observe pour l’AFP Steve Tsang, directeur du SOAS China Institute. « Donc une plus grande intégration […] devrait logiquement suivre ».
Le coût du projet ? Au moins 24,6 milliards d’euros, selon le gouvernement - ou plus de 39,5 milliards d’euros, d’après l’agence de notation S & P.
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