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Une «guerre cognitive»: comment Moscou forme des journalistes étrangers pour exercer une influence durable

RFI ·
Une «guerre cognitive»: comment Moscou forme des journalistes étrangers pour exercer une influence durable

Menaces sur l’information Une «guerre cognitive»: comment Moscou forme des journalistes étrangers pour exercer une influence durable Publié le : 19/09/2026 - 07:40

Écouter - 02:41 Former des journalistes étrangers, leur apprendre à produire davantage de contenus grâce à l’intelligence artificielle et diffuser ainsi les récits du Kremlin jusque dans des pays où les médias russes sont sanctionnés. Selon un rapport de l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), Moscou construit un réseau mondial de professionnels des médias, notamment en Afrique et en Asie. Une stratégie d’influence pensée sur plusieurs générations, une stratégie connue sous le nom de « guerre cognitive ».

Ils sont étudiants, journalistes, influenceurs sur les réseaux sociaux . Ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine ou encore de l’ex-espace soviétique. Et ils sont de plus en plus nombreux à suivre les formations proposées par les médias d’État russes.

SputnikPro, le projet d'éducation lancé par l'agence russe interdite de diffusion en Europe, se vante d'avoir formé plus de 15 000 journalistes depuis 2018. L'académie de Russia Today, autre media d'État russe sanctionné en Occident affirme en avoir formé plus de 7000 depuis son lancement en 2024.

Pour Nataliya Bugayova, directrice du rapport et chercheuse à l’Institut américain pour l’étude de la guerre, ce réseau est désormais au cœur de la stratégie d’influence du Kremlin. « La Russie tente de constitue un réseau mondial de personnes qui diffuseront des messages en son nom, même lorsque les médias russes font l'objet de restrictions ou de sanctions ».

L’objectif dépasse la simple désinformation, dit-elle, Moscou cherche à influencer la manière dont les publics analysent les événements et, à terme, leurs décisions. En Afrique et en Asie, ces formations servent notamment à discréditer l’Occident ou à imposer le récit russe sur la guerre en Ukraine.

Et depuis deux ans, un nouvel outil prend une place centrale : l’ intelligence artificielle . Sur au moins 50 formations organisées entre 2025 et 2026, la moitié comprenait un module consacré à l’IA : création de contenu, gestion des réseaux sociaux, accélération des tâches éditoriales. « L’intégration de l’IA peut permettre à la Russie d’augmenter sa production de contenus et de diffuser les récits du Kremlin à une échelle bien plus vaste », explique Nataliya Bugayova.

Autre priorité : les jeunes. Rien qu’au premier semestre 2026, Sputnik Pro et l'Académie Russia Today ont organisé au moins 14 formations dans des universités étrangères, notamment en Chine, en Tanzanie, au Niger ou aux Philippines. Certains des meilleurs participants peuvent ensuite décrocher un emploi dans un média lié au Kremlin. « La guerre cognitive russe s’inscrit sur plusieurs générations. Certains récits officiels peuvent rester en sommeil pendant des années, puis être réactivés au moment opportun ».

Une influence de long terme, donc, portée non plus seulement par des médias russes clairement identifiés, mais par des voix locales, formées par Moscou et beaucoup plus difficiles à repérer.

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