Aux assises des Bouches-du-Rhône, le profil des accusés du triple narchomicide se dessine avec un parcours cabossé
L'un est propriétaire d'une société à Dubaï, un autre reconnaît "des bêtises" d'adolescent. Au procès du triple narchomicide perpétré en 2020 près de Marseille , les cinq accusés exposent des parcours cabossés, marqués par la précarité et la violence.
Mardi 20 octobre, devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, lors d'une audience consacrée au profil des accusés, le militant Amine Kessaci , figure de la lutte anti narcotrafic, est de nouveau présent: son grand frère Brahim, impliqué dans le milieu, faisait partie des trois victimes retrouvées carbonisées, une balle dans la tête.
Sur les cinq accusés, deux concentrent toutes les attentions: Karim Harrat, qui aurait un temps tenté d'imposer sa suprématie sur le trafic à Marseille, mais aussi Amine Oualane, un des chefs présumés de la DZ Mafia. Mardi, quand Amine Oualane prend la parole, "on découvre quelqu'un d'autre", commente le président. "Vous vous êtes mis à nu."
L'homme de 32 ans, dont "14 ans en prison", revient sur une enfance difficile, la "misère totale" avec "rien à manger à la maison." "La première fois que je me fais attraper, je suis en train de voler des sandwichs à l'âge de neuf ans".
Quand la cour dresse la liste de ses condamnations, il reconnaît sans difficultés "13 braquages" à partir de ses 13 ans, tout en démentant toute implication dans la drogue. "Je voulais ce que j'avais pas eu quand j'étais jeune", se justifie le père de deux jeunes enfants qu'il a eus en détention.
Depuis le box des accusés, Amine Oualane explique pourquoi il avait craché en direction d'une juge d'instruction. Son fils venait de naître et il voulait "savoir s'il allait bien". "Quand j'ai parlé de mon fils, elle m'a dit : 'ce n'est pas mon problème'", dit-il, assurant avoir ensuite adressé des excuses.
Une psychologue rappelle qu'il a grandi principalement chez sa mère "qui aurait souffert d'un trouble dépressif." Elle dit avoir observé chez lui "une méfiance très importante", une "impulsivité."
Concernant le triple narchomicide, il est accusé d'avoir été un des tueurs et le principal relai sur le terrain de l'opération. Mais il est aussi, selon une source proche du dossier, une piste dans l'assassinat en novembre 2025 du petit frère d'Amine Kessaci, Mehdi, totalement étranger lui au trafic de drogue.
Karim Harrat est lui accusé d'avoir été, depuis Dubaï, le commanditaire et financier du triple homicide. À la psychologue, qui dépose par visioconférence, il a confié s'intéresser en détention à des cours de sophrologie et de dessin, outre des cours par correspondance d'anglais et d'espagnol.
Il lui a aussi parlé de sa société de nettoyage aux Émirats arabes unis, qui, avec 5.000 euros mensuels, lui assure "un confort financier", dit-elle encore.
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