« Un voyage immobile » : sur TV5 Monde, Augustin Trapenard raconte trente livres francophones
« Un défi extraordinaire » : c’est ainsi qu’ Augustin Trapenard, le visage et la voix de la littérature à la télévision, définit la mission que lui a confiée TV5 Monde . « Il s’agissait de préparer trente épisodes de 2 min 30 à 2 min 45 pour une chronique quotidienne consacrée à des classiques comme à des œuvres contemporaines de langue française, provenant de différents pays », explique-t-il à Ouest-France .
Une tâche pas si simple même pour un spécialiste : « J’ai été nourri, dans mes études comme dans ma vie de lecteur, par la littérature française de France et par les auteurs anglophones, beaucoup moins par les littératures francophones du monde. Et puis, d’un point de vue pratique, elles sont parfois difficiles à trouver malheureusement. »
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Ainsi, le journaliste a parfois eu recours au marché d’occasion, les ouvrages n’étant plus édités (« Cela dit malheureusement beaucoup de la façon dont on regarde la littérature africaine notamment »).
Mais il a réussi. Et ses pastilles, nommées simplement « Un pays, un livre », seront diffusées chaque jour en novembre 2026 (horaire à définir) sur l’antenne de TV5 Monde et sur le numérique. « Le principe est volontairement simple, résume l’animateur de La Grande Librairie » (également diffusée sur TV5 Monde ) : « Je suis chez moi, je prends un livre, je le raconte, je donne envie et, à la fin, je mets le livre dans une valise, prêt à partir. » « Une sorte de voyage immobile », dit-il en référence au « voyage autour de ma chambre » de l’écrivain Xavier de Maistre.
Le programme, vivant et pédagogique, traverse l’Afrique, l’Europe et plusieurs histoires de la langue française. Avec le Djiboutien Abdourahman Waberi (« Le pays sans ombre »), on découvre une littérature qui raconte un pays et contribue à en préserver la mémoire. En Centrafrique, « Le Silence de la forêt », d’Étienne Goyémidé, a été beaucoup plus difficile à dénicher. Premier épisode : la Belgique avec Maurice Maeterlinck (« Le trésor des humbles »). Sont aussi présents la Grèce avec Vassilis Alexakis (« La langue maternelle »), ou encore la Bulgarie, les Seychelles, le Vietnam…
Des œuvres contemporaines trouvent également leur place, notamment lorsqu’elles interrogent directement le français, ses usages et ses métissages. « On revisite une langue qui se nuance d’idiomes d’autres langues, s’enrichit de termes vernaculaires et nous donne une vision d’un monde tout autre », explique Augustin Trapenard.
L’exercice lui a surtout permis de sortir de ses habitudes. « J’ai été guidé par la curiosité, et ça a comblé un manque. J’ai découvert des livres que je ne serai pas allé chercher par moi-même. »
Augustin Trapenard espère d’ailleurs que ce programme donnera envie à des éditeurs de remettre certains de ces textes en circulation, voire de créer une collection de classiques francophones… du monde entier.
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