Meurtre de Djamel Bendjaballah: le parquet de Dunkerque demande la requalification en crime raciste
Le parquet de Dunkerque a demandé ce vendredi 18 septembre la requalification en crime raciste du meurtre de Djamel Bendjaballah, mort écrasé par l’ex-mari de sa compagne en août 2024. Cette demande, effectuée le 23 juin, repose sur "différents éléments utiles" recueillis pendant l’enquête, selon la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet.
À la suite de cette demande, "le parquet a sollicité que le mis en cause soit mis en examen pour ce crime" raciste, précise la procureure, citée par l’AFP. Cette nouvelle mise en examen ne pourra toutefois intervenir qu’après que le magistrat instructeur l’aura entendu sur ces faits.
Djamel Bendjaballah, âgé de 43 ans, est mort le 31 août 2024 à Cappelle-la-Grande, dans le Nord. Il avait été percuté puis écrasé par Jérôme D., l’ex-mari de sa compagne, sous les yeux des enfants des deux hommes.
La famille de la victime réclame depuis longtemps que le caractère raciste des faits soit examiné. Elle s'appuie notamment sur des échanges dans lesquels Jérôme D. qualifiait Djamel Bendjaballah de "bougnoule".
Plusieurs plaintes déposées par la victime avant sa mort pour des faits d'injures racistes avaient été classées sans suite. Selon la famille et plusieurs associations antiracistes, Jérôme D. était lié à la Brigade française patriote, un groupuscule d'extrême droite.
Les avocats de Nadia, la sœur de la victime, Me Seydi Ba et Me Maiwelle Mezi, ont salué une "étape importante vers la manifestation de la vérité". Ils estiment que les éléments qui auraient dû être examinés depuis le début vont désormais pouvoir l'être.
Mais la famille entend poursuivre son combat judiciaire. Les deux avocats ont estimé que "nous et notre cliente ne serons pleinement satisfaits que si ce réquisitoire est suivi d'une mise en examen, d'un renvoi et d'une condamnation".
De son côté, SOS Racisme, qui souhaite se constituer partie civile une fois la requalification actée, a salué une "avancée attendue depuis trop longtemps". L'association demande que la dimension raciste des faits soit désormais pleinement examinée par la justice.
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