Son expertise l’a conduit à la tête du CAE : Xavier Jaravel, cet économiste qui entend peser sur le débat public
40 DE MOINS DE 40 ANS - Le professeur à la London school of economics coordonne les 23 chercheurs qui composent le Conseil d’analyse économique. En cette année présidentielle, il prévoit de publier plusieurs notes pour alimenter la réflexion des candidats. Il appartient à cette génération de talents qui monte pour construire la France de demain. Challenges en a sélectionné 40, subjectivement, à découvrir en kiosques et sur notre site.
À l’automne dernier, alors que la taxe Zucman cristallisait le débat budgétaire, le président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), Xavier Jaravel, a pris la parole pour s’opposer à l’instauration de la taxe imaginée par son homologue de l’université de Berkeley. « Ce dispositif serait injuste et inefficace », lâchait-il dans Challenges , arguant qu’il serait mal ciblé et nuirait et à l’investissement de long terme . Une analyse reprise par plusieurs de ses confrères.
Car Xavier Jaravel, 36 ans, est une voix qui compte. Ce professeur à la London school of economics (LSE) a obtenu son doctorat à l’université de Harvard – sous la supervision du Nobel Philippe Aghion - puis le Prix du Meilleur Jeune Économiste en 2021. Spécialiste de la croissance, des inégalités et de l’éducation, il par ailleurs reçu le prix du livre de l’Économie pour son ouvrage Marie Curie habite dans le Morbihan (édition du Seuil, 128 pages, 12,90 euros) dans lequel il invite à repenser l’inclusion des politiques d’innovation.
Son expertise sur de nombreux sujets a contribué à sa nomination à la tête du CAE. Depuis mars 2025, Xavier Jaravel coordonne cette « dream team » de 23 chercheurs , rattachée à Matignon mais indépendante, dont le but est d’éclairer la politique économique. Sa patte est réelle : en un an, le volume de publications a quadruplé et les collaborations avec des administrations – inspection générale des Finances (IGF), Cour des comptes… – se sont accrues.
Avec comme boussole l’impact concret. Exemple : la décision prise par le gouvernement de ne pas indexer le barème des allègements de cotisations sociales sur la hausse du smic de juin dernier . « Le CAE avait publié un mois plus tôt une note qui soulève les limites d’une indexation automatique , décrypte Xavier Jaravel. Notre analyse a participé à cette prise de décision qui constitue une rupture de doctrine. »
Naturellement, le chercheur a été choisi par le ministre des Comptes publics, David Amiel, aux côtés de trois autres économistes, pour mener à bien une « mission sur la transparence des finances publiques ». Elle a été rendue mi-juillet. Son constat est sans appel : « à politique inchangée, le déficit public progresserait fortement dès 2027, pour atteindre 5,9 % du PIB, et continuerait de se dégrader pour atteindre 6,8 % du PIB en 2030 » .
À l’horizon 2032, ce sont 125 milliards d’euros d’effort qui sont nécessaires pour stabiliser la dette , diagnostiquent les auteurs. Un appel aux prétendants à l’Élysée. Cela tombe bien, en octobre, le CAE publiera une note d’analyse portant sur une dizaine de grands enjeux économiques.
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