L’intelligence est-elle vraiment transmise par les parents à la conception ? Voici ce que la science nous apprend
Les chats ne font pas des chiens, dit le dicton. Mais la croyance populaire suffit-elle pour conclure que l’intelligence est héréditaire ? Les exemples de parents semblant présenter des capacités intellectuelles différentes de celles de leurs enfants sont pourtant légion. Car d’autres facteurs, comme l’environnement, entrent en compte.
Cependant, avant de se pencher sur la question, il faut déjà s’entendre sur la définition de l’intelligence. Et ce n’est pas si simple, car la science elle-même n’est pas parvenue à un consensus. Est-ce la logique, la faculté à organiser ses connaissances, l’intelligence créative, émotionnelle ou encore interpersonnelle ? « Le terme désigne généralement un ensemble de capacités mentales impliquées dans l’apprentissage, le raisonnement, la compréhension d’idées complexes et la résolution de problèmes », pose le site de vulgarisation scientifique ZME Science . Nous nous en contenterons.
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Cette intelligence est donc une définition large et son fonctionnement précis échappe encore à la recherche. « Les neurosciences cognitives ont aidé à mieux localiser certaines fonctions associées à l’intelligence, mais elles n’ont identifié aucun “centre de l’intelligence” unique dans le cerveau. Les capacités cognitives reposent sur des réseaux distribués, complexes et encore imparfaitement compris », reconnaissent Corinne Augé, professeur en génétique moléculaire et biotechnologie, et Stéphane Mortaud, professeur en neurosciences, dans un article du média d’analyse The Conversation .
Sur le plan de la génétique, cela signifie donc que de nombreux gènes sont impliqués. Parue en 2015, dans la revue Nature neuroscience, une étude a établi « que les capacités cognitives seraient influencées par deux vastes réseaux de gènes. Appelés M1 et M3, ces deux réseaux, comportent respectivement 1 225 et 160 gènes », résume le journal Le Monde , qui en profite pour balayer l’idée reçue que l’intelligence ne se transmettrait que par l’intermédiaire du chromosome X des mères.
L’intelligence se transmettrait donc dès la conception, au moment de la construction du génome, en piochant au hasard dans ceux du géniteur et de la génitrice ? C’est ce qu’on croyait il y a quelques décennies, mais on sait désormais que ce n’est pas si simple. Car il faut bien distinguer le gène de son expression. « Toutes les caractéristiques ne sont pas déterminées par la génétique. Et la plupart d’entre elles sont le résultat d’interactions entre les gènes et l’environnement » , expliquait à l’édition du soir Perle Guarino-Vignon, chercheuse en génétique des populations et en paléogénétique, en mai 2024. Les facteurs épigénétiques, c’est-à-dire l’environnement et les expériences de vie, ont une influence non négligeable.
L’étude des jumeaux monozygotes permet de mieux comprendre. Bien qu’ayant des ADN identiques, ils ne sont pourtant pas semblables en tous points. S’ils ne grandissent pas dans les mêmes environnements, les différences peuvent être plus importantes. Toutefois, il reste une bonne part d’hérédité.
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