Ce n’est pas seulement une bataille d’ego mais aussi un enjeu financier : PSG contre Mbappé, la guerre du Ballon d’or est déclarée
Pour lancer la course au Ballon d’or qu’il organise, le magazine « France Football » a affiché en couverture samedi dernier quatre des favoris : Kylian Mbappé et trois joueurs du PSG dont le tenant du titre, Ousmane Dembélé. Mais les dirigeants parisiens n’ont pas du tout apprécié que le Madrilène occupe plus de place en une que leurs poulains. Jorge Mendes, le puissant agent du prodige espagnol, Lamine Yamal, a aussi protesté. Décryptage d’une bataille d’ego sur fond de lourds enjeux financiers.
La campagne a enfin commencé. Elle s’annonce impitoyable, à rebondissements, pleine de petites phrases et de grands débats, tant les candidats sont nombreux et l’enjeu prestigieux. Je ne parle pas de l’élection présidentielle 2027, mais de la course au Ballon d’or 2026 . À peine la liste des trente candidats a-t-elle été publiée le 8 septembre dernier que Kylian Mbappé a ouvert les hostilités en accordant un long entretien à « France Football ». Il n’avait plus parlé au magazine qui décerne le Ballon d’or depuis plus de trois ans (juin 2023), c’est dire si cette année, il est motivé : « Il n’y a pas meilleur que moi la saison dernière », s’est-il vendu sans se brader auprès de « FF » avant de développer ses arguments : « Être meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde (22 buts), passer devant toutes les plus grandes légendes de l’histoire, dans le tournoi le plus important que le sport ait créé, ça brûle la rétine. »
Ceux qui ne sont pas devenus totalement aveugles objectent que l’attaquant si prolifique du Real Madrid et de l’équipe de France n’a en revanche rien remporté avec ses coéquipiers. « Les gens disent que je n’ai pas gagné de trophée (collectif). Mais c’est un trophée individuel (…) Finir meilleur buteur de toutes les compétitions les plus importantes (il y ajoute les 15 buts en Ligue des champions et les vingt-cinq buts du championnat d’Espagne) où tous les meilleurs joueurs du monde jouent, c’est important. Je ne sais pas si ça a déjà été réalisé. » La réponse est oui. Par la légende Eusébio (1942-2014), meilleur buteur de la Coupe du monde, de la Coupe d’Europe et du championnat portugais en 1966, mais pas lauréat cette année-là du Ballon d’or. C’est Bobby Charlton qui l’avait remporté dans la foulée du triomphe de l’Angleterre à la Coupe du monde qu’elle venait d’organiser.
Voilà donc la grande question philosophique qui ne cesse d’agiter les réflexions autour du plus prestigieux des trophées individuels depuis sa création, il y a soixante-dix ans : doit-il être décerné à la star solo la plus extraordinaire de l’année ou au joueur majeur de l’équipe qui a tout gagné ? Dans son dernier édito, Vincent Garcia, le rédacteur en chef de « France Football », remet les points sur les i et les critères d’attribution dans le bon ordre.
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