Pourquoi la baisse de la natalité en Europe pourrait freiner la croissance
Chute de la natalité, vieillissement de la population, baisse de la fécondité… L'Europe fait face depuis des années à un choc démographique. Longtemps épargnée, la France a vu à son tour sa natalité dégringoler ces dernières années avec des conséquences en cascade notamment sur le marché du travail. Dans une note publiée jeudi 17 septembre, le Haut-commissariat au plan en France met en garde contre une future concurrence entre pays pour recruter des travailleurs.
Le vieillissement de la population rime avec un besoin accru de main-d'œuvre pour remplacer les départs à la retraite et pour répondre à une demande en hausse dans certains secteurs. Dans un récent rapport, l'Autorité européenne du travail pointait la santé, le BTP ou encore les transports comme secteurs qui connaissent déjà de fortes tensions. Historiquement, les travailleurs venus de Pologne , de Roumanie et de Bulgarie permettaient de combler une partie des besoins. Mais ces pays font désormais face, eux aussi, au vieillissement de leur population.
L'immigration extra-européenne est plus que jamais l'un des leviers indispensables pour combler les besoins en main-d'œuvre. Certains profils de travailleurs qualifiés – médecins, infirmiers, enseignants ou techniciens industriels – devraient être au cœur d'une vive concurrence entre États membres ces prochaines années.
L'Europe commence à tenter de centraliser ses besoins en main d'œuvre qualifiée . En juin dernier, le Parlement européen a donné son feu vert à la création d'une plateforme intitulée « viviers de talents » pour mettre en relation les employeurs de l’Union européenne avec des demandeurs d’emploi qualifiés venus de pays extra-européens.
Dans un rapport publié l'an dernier, l'OCDE pointait tout à la fois le durcissement des conditions d'asile et, dans le même temps, des mécanismes de régularisation pour remédier aux pénuries de main-d'œuvre.
D'ici à la fin du siècle, l'Europe pourrait compter un peu moins de 400 millions d'habitants, soit une baisse de 11,7 % de la population totale, selon les dernières projections. Eurostat estime en effet que la population de l’UE atteindra un pic en 2029 avant de diminuer progressivement. Cette évolution s'accompagnerait d'un vieillissement important de la population, avec une part croissante des plus de 65 ans et une natalité en berne . Le vieillissement de la population européenne aura de lourdes conséquences sur la croissance.
Avec moins d'actifs et plus de retraités, il y aura d'abord un impact sur la main-d'œuvre qui sera moins nombreuse, mais aussi sur les finances publiques. D'ici à 2100, pour chaque retraité, il y aura moins de deux travailleurs, ce qui exercera une pression accrue sur les systèmes de retraite et de santé, mais aussi sur les dépenses concernant la prise en charge de la dépendance.
Dans les pays à l'est de l'Europe, la baisse de la proportion de personnes en âge de travailler sera particulièrement prégnante.
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