Qui est le groupe suspecté d'avoir enlevé un soldat de la Légion étrangère française, dirigé par le guérillero le plus recherché de Colombie?
José Olger Melo Charry, soldat colombien de la Légion étrangère française, a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée ce jeudi 27 août. Selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP, les responsables présumés de cet enlèvement sont des membres de l'État-major central (EMC), des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement.
Ce groupe est dirigé par le guérillero le plus recherché de Colombie, considéré par l'ancien président Gustavo Petro comme la principale menace pour la sécurité du pays. Ce dernier avait d'ailleurs offert près de 1,4 million de dollars pour toute information pouvant conduire à la capture d'Iván Mordisco.
Lorsque la guérilla marxiste des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) a signé l'accord de paix avec le gouvernement en 2016, Néstor Gregorio Vera, connu sous le nom d'Iván Mordisco, était un cadre intermédiaire peu influent dans la forêt amazonienne. Il était toutefois célèbre pour sa capacité à manier les armes, a raconté à l'AFP une de ses anciennes camarades de lutte dans le département du Guaviare (sud).
Un soldat de la Légion étrangère enlevé en Colombie, les orages menacent l’Est du pays, Sébastien Delogu est sorti de garde à vue: l’essentiel du matin 1:21 Il a gagné en popularité "lorsqu’il est devenu le premier commandant à abandonner le processus de paix" avec les Farc, ce qui lui a "octroyé une grande influence parmi les autres dissidents", explique ainsi le site spécialisé Insight Crime cité par Courrier International . Iván Mordisco a alors réuni sous la bannière de l’État-major central différents groupes de dissidents.
L'EMC est ainsi devenu l'un des plus grands groupes criminels de Colombie, se consacrant notamment au trafic de cocaïne mais également à la destruction de la forêt pour l'élevage ou encore l'orpaillage illégal. La guérilla est principalement présente dans la forêt amazonienne, à la frontière vénézuélienne et dans le sud du pays, où le soldat José Olger Melo Charry a été enlevé.
L'EMC est notamment en conflit avec l'autre grand groupe de dissidents: la Segunda Marquetalia. Selon le Centre pour la mémoire historique cité par Courrier International, l'EMC "maintient des structures militaires et une présence territoriale", tandis que la Segunda Marquetalia a un "discours politique plus proche de l'accord initial, bien qu'avec des actions armées".
Rodrigo Granda, ancien responsable international des FARC, estime à cet égard auprès du Monde Diplomatique que "ceux qui sont aujourd’hui en armes ont perdu toute vision politique", parlant de "commandants attirés par l’appât du gain". De la même manière, le président Gustavo Petro avait qualifié en 2025 Iván Mordisco de "trafiquant de drogue déguisé en révolutionnaire".
L'EMC est tenu responsable d'attaques à la voiture piégée, aux drones explosifs et de nombreux assassinats. Pourtant, en 2023, la faction avait rejoint le président Petro à la table des négociations pour enclencher un processus de paix.
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