Présidentielle 2027. Raphaël Glucksmann candidat : voici sa lettre aux Français
C’était avant le début de l’été : le 26 mai dernier, sur le plateau du 20 heures de TF1, Raphaël Glucksmann expliquait vouloir se donner du temps avant de se lancer dans la bataille pour l’Élysée. Trois mois plus tard , sur ce même plateau, le coprésident de Place publique a officiellement déclaré sa candidature, via la primaire socialiste, dite « des sociaux-démocrates », prévue à la mi-octobre. Il adresse une lettre aux Français pour expliquer pourquoi il se lance dans la course. Nous la publions en exclusivité, ci-dessous.
Je suis candidat à la Présidence de la République. Je mesure le poids de ces mots et je ne prends rien à la légère dans cette démarche, en particulier dans ce moment de notre Histoire.
J’ai commencé ma vie d’adulte aux côtés des rescapés du génocide des Tutsi au Rwanda, de journalistes menacés de mort en Algérie ou des hommes et des femmes qui résistaient à l’impérialisme russe en Géorgie et en Ukraine. Ces expériences m’ont appris que la liberté n’est jamais acquise et que la démocratie n’est pas naturelle, qu’elle est une construction fragile et un combat de tous les instants.
Or aujourd’hui, dans notre pays, la démocratie et la République sont en danger. Les tensions explosent, la frustration grandit, la colère gronde. La catastrophe climatique, la crise sociale et la fièvre identitaire menacent de tout emporter. Les vies des travailleurs sont de plus en plus dures, l’école, l’hôpital et la justice sont à bout de souffle, les agriculteurs n’arrivent plus à s’en sortir, la nation se fragmente, l’État semble impuissant et les Français se sentent dépossédés de leur destin. Emmanuel Macron avait promis en 2017 d’éradiquer les extrêmes. Dix ans plus tard, les valets de Trump et de Poutine sont aux portes du pouvoir. Leur victoire serait un suicide.
Voilà pourquoi je suis candidat : pour rendre à la République sa force, à la politique sa capacité d’agir et au peuple français sa souveraineté.
Je vous propose un nouveau contrat patriotique pour redresser le pays. Nous couperons au scalpel les laisses énergétiques, industrielles, technologiques qui nous enserrent le cou et nous soumettent aux puissances fossiles et aux Empires américains et chinois. Nous défendrons le travail plutôt que la rente. Nous redonnerons à l’école, à l’hôpital, aux services publics les moyens de tenir leur promesse. Nous démarchandiserons les EHPAD et les crèches. Nous planifierons et nous organiserons la transformation écologique. Nous protégerons nos productions et nous remettrons des usines dans nos territoires. Nous ferons de la France la locomotive de la puissance européenne naissante.
Tout est encore possible si nous retrouvons le goût de faire ensemble et la fierté de ce que nous sommes.
Cette élection présidentielle sera le combat le plus important de nos vies de citoyens. Pour la gagner, nous devons d’abord refonder la gauche démocratique, une gauche qui ne vend pas ses principes pour des circonscriptions, une gauche capable de gouverner le pays et de le faire renouer enfin avec la quête de justice qui a façonné son Histoire.
La raison la plus profonde de ma décision tient en peu de mots.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.