Atos embarque le président de VideoLan (VLC) dans son nouveau comité scientifique pour une IA "souveraine"
Atos a dévoilé mardi un comité scientifique chargé de guider sa stratégie d'intelligence artificielle ouverte et souveraine en France. Autour de la table, on retrouve des chercheurs, des industriels et Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLan, l'association derrière VLC.
Six mois après avoir cédé à l'État son activité supercalculateurs, rebaptisée Bull , Atos continue de redessiner son identité, et c'est désormais sur le terrain de l'intelligence artificielle qu'il veut se faire entendre. Le groupe a officialisé mardi 22 septembre la création, en France, d'un comité scientifique avec à sa tête quatre personnalités extérieures venues de la recherche, de l'industrie et du logiciel libre. Leur feuille de route consiste à pousser l'entreprise vers une IA plus ouverte, mais aussi plonger dans des sujets aussi variés que la santé, les mathématiques ou l'éthique.
Le casting a fière allure. Jean-Baptiste Kempf, figure des communautés open source et président de VideoLan (VLC) , y côtoie Stéphane Canu, professeur à l'INSA Rouen Normandie et chargé de mission IA au ministère de l'Enseignement supérieur, ainsi que Philippe Freyssinet, directeur scientifique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Alexandre Bouard, passé près de quinze ans par BMW avant de diriger le programme « véhicule connecté » de la Software République chez Renault Group, complète le quatuor. Côté maison, Franck Chartier, directeur général d'Atos France, siège notamment avec Sylvain Barthélemy (technologie et opérations) et Laurent Clergue (innovation).
Le comité en question devra guider la vision à long terme d'Atos en France, alimenter les projets de ses Inno'Labs et, surtout, aider le groupe à faire entrer la logique de l'open source, où le code se partage et s'enrichit collectivement, au cœur du développement de ses solutions d'IA. Il fera naître une base IA ouverte nourrie par les contributions des équipes, une culture du partage inspirée des grands projets libres, et l'essor d'une place de marché d' agents IA , ces programmes capables d'accomplir des tâches en autonomie, pour éviter les doublons. Petite nuance toutefois, cette « ouverture » concerne d'abord l'intérieur du groupe, car rien n'indique pour l'heure une publication sous licence libre.
Pour Atos, l'ouverture est une condition de la souveraineté technologique et de la confiance des acteurs publics comme privés. Le groupe compte d'ailleurs faire valoir ce savoir-faire dans les appels d'offres estampillés souveraineté et cloud public, tandis que le comité doit aider à structurer un écosystème européen de l'IA bâti sur la confiance, la sobriété et l'excellence scientifique. « Nous faisons le choix assumé d'une IA souveraine, ouverte et profondément humaniste », revendique Franck Chartier, qui veut « démontrer que l'ouverture et le partage sont des leviers de puissance ».
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