Dans le Puy-de-Dôme, une femme et son amant accusés d’avoir assassiné son compagnon se renvoient la balle
« Ils mentent », « Je ne sais pas » : une femme accusée d’avoir assassiné son compagnon s’est défendue avec aplomb d’être impliquée mercredi devant la Cour d’assises de Riom (Puy-de-Dôme) , tandis que son amant accusé des mêmes faits l’a chargée. Les deux accusés, en détention provisoire, sont jugés pour « assassinat » et « empoisonnement » jusqu’à vendredi et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Le 29 juillet 2022 au matin, un responsable commercial de 47 ans est retrouvé sans vie, dans un bain de sang, dans sa villa de Riom. Le couple qu’il forme avec sa compagne est à la tête de plusieurs sociétés gérant notamment un parc de jeux pour enfants et un immeuble à Vichy (Allier). Se présentant comme cheffe d’entreprise, elle est alors légataire universelle de l’ensemble de leurs biens.
À la barre, cheveux attachés, lunettes, pull blanc et sûre d’elle, elle décrit une relation houleuse mais nie être victime de violences conjugales, comme le dit son amant.
Interrogée sur un message retrouvé par les enquêteurs « le principe, c’est que personne ne le cherche », l’accusée a évoqué une faute de frappe, celui-ci aurait dû être : « le principe c’est que personne ne cherche » en référence à elle.
Idem pour les échanges « demain soir c’est mort » ou « jeudi c’est parfait » qui ont précédé le meurtre : il s’agissait de planifier un rendez-vous amoureux avec son amant. Sur les faits, « vous n’êtes pour rien dans cette histoire et vous ne savez rien de ce qui s’est passé ? » lui a demandé le président Philippe Vignon.
« Non », assure-t-elle. Mise en difficulté à plusieurs reprises, elle se défend maladroitement poussant une assesseure à la questionner : « Vous vous rendez compte que votre position est impossible ? »
« Laissez-moi terminer », « c’est moi qui pose les questions », s’agace le président face à son attitude. Au sujet de son amant et de sa fille, qui entretenait elle-même une relation avec l’accusé et a servi d’alibi au couple, elle déclare qu’ils « mentent ».
Peu avant, son amant vêtu d’un polo noir, barbe, épaules rentrées, l’avait chargée tout en plaidant coupable. Il a affirmé être « prêt à tout » pour sa maîtresse : « c’était ma reine et je devais faire le sale boulot ».
Il a assuré que le couple avait prévu dans un premier temps d’empoisonner la victime - à la demande de sa maîtresse, qui lui aurait administré le poison. Mais en vain, alors que l’homme avait beaucoup maigri aux dires de son entourage. Ils auraient donc décidé d’en finir avant de « partir en vacances ».
Après le meurtre violent, au cours duquel la victime s’est défendue, la maison a été retournée et des bijoux subtilisés pour simuler un cambriolage.
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