"J'ai signé un contrat d'avocate et j'ai exercé comme avocate", assure Rachida Dati lors de son procès pour corruption
Jeudi en fin d'après-midi, la maire du 7e arrondissement de Paris a commencé à répondre aux questions du tribunal, axées sur le contrat qu'elle a signé avec la filiale de Renault, en tant qu'avocate, et qui est au cœur des accusations de corruption.
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Article rédigé par Violaine Jaussent France Télévisions Publié le 17/09/2026 22:12 Mis à jour le 18/09/2026 07:32 Temps de lecture : 5min Elle a patienté pendant près de cinq heures sur un strapontin dévolu aux prévenus. Penchant parfois la tête vers une liasse de documents posés sur ses genoux, Rachida Dati a écouté sans sourciller les débats sur la recevabilité des parties civiles, lancés avec verve par ses avocats, jeudi 17 septembre, au deuxième jour de son procès . Puis en début de soirée, enfin, l'actuelle maire du 7e arrondissement de la capitale a pu commencer à s'expliquer, comme elle le souhaitait, face au tribunal correctionnel de Paris, où elle est jugée pour corruption.
Il lui est reproché d'avoir perçu des honoraires d'avocate à hauteur de 900 000 euros, sur trois ans, jusqu'en mai 2012, de la part de la société Renault-Nissan VB (RNVB), censée servir de support à l'alliance entre les constructeurs français et japonais, sans avoir fourni de réel travail. En contrepartie, l'ancienne eurodéputée aurait défendu les intérêts de Renault auprès des institutions européennes.
Lorsqu'elle arrive à la barre, Rachida Dati est d'abord invitée à égrener son CV. "J'ai eu un bac scientifique en 1983", commence-t-elle, face au pupitre. Elle prend soin de souligner qu'elle avait 16 ans lorsqu'elle a signé son premier contrat, pour un poste d'aide-soignante, avant de devenir comptable, en 1987. "Tout ça en parallèle de mes études", en économie et en droit public, précise-t-elle avec fierté. Rachida Dati détaille les diplômes et les postes qu'elle a obtenus, jusqu'à aujourd'hui : "Et j'ai demandé à réintégrer la magistrature début avril 2026." Une volonté révélée dans la presse début septembre et très critiquée , sur laquelle le Conseil supérieur de la magistrature rendra son avis en octobre.
La présidente du tribunal s'attarde ensuite sur 2009, année cruciale dans le dossier pour lequel Rachida Dati est jugée, puisque c'est à cette date qu'elle signe la convention d'honoraires avec RNVB. "Quand j'accouche début 2009, je fais part au président de la République [Nicolas Sarkozy à l'époque] de ma volonté de quitter la vie politique. J'avais mal vécu ma grossesse, j'étais attaquée à cette période-là" , déclare-t-elle. Pourtant, dans la foulée, elle accepte de mener la campagne des élections européennes, et elle est élue eurodéputée en juin 2009.
Or, Rachida Dati déclare qu'à cette période, elle pense aussi à devenir avocate. "Vous envisagiez donc d'avoir une activité professionnelle en parallèle de votre activité de maire d'arrondissement et d'eurodéputée ?", tique la présidente du tribunal. Rachida Dati acquiesce : "Une activité tournée vers le Maghreb, le Moyen-Orient." "J'ai toujours eu des relations avec le Maroc et l'Algérie, j'étais très engagée dans les associations de droits des étrangers.
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