Char du futur franco-allemand : ce que le chef d’état-major des armées ne devait pas dire
Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire.
Le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, en a fait jeudi 8 octobre la cuisante expérience.
Auditionné par les députés de la Commission de la défense, le général a lâché une bombe au sujet du char du futur franco-allemand MGCS ( Main Ground Combat System ) : "Malheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet ." Stupeur à l’Elysée et au ministère des Armées, alors qu’au même moment, Emmanuel Macron accueillait à Paris le président fédéral allemand Frank-Walter Steinmeier pour une très solennelle visite d’Etat ! En fin de soirée, un communiqué de l’état-major des armées tentait de réparer les dégâts de ce nouveau couac de communication du général Mandon, assurant que "ce programme est poursuivi et conserve un intérêt majeur".
C’est évidemment un pieux mensonge, car personne ne mise plus un centime sur l’avenir du MGCS, même si, vendredi, la ministre des Armées Catherine Vautrin et son homologue Boris Pistorius ont assuré que le programme "n’est pas terminé", insistant sur les briques technologiques communes (connectivité, combat collaboratif, automatisation, robotique).
"Impossible de coopérer avec les Allemands" Reste à savoir quand et par qui sera signé l’avis de décès de ce projet de char lancé en 2017, en même temps que le Scaf (système de combat aérien du futur), mis en bière en juin .
Le général Mandon a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Au sommet de la hiérarchie militaire, on estime qu’il est désormais "impossible de coopérer avec les Allemands", qui seraient, selon certains, "animés par un esprit de revanche".
On en est là ! Tout va mal, en effet.
Après l’arrêt du Scaf, l’abandon du MGCS serait le dernier clou dans le cercueil de la coopération franco-allemande dans la défense.
Un échec en rase campagne pour Emmanuel Macron qui en avait fait une priorité politique.
Berlin s’est en effet déjà retiré de l’hélicoptère de combat Tigre - entraînant au passage le départ des Allemands de l’Ecole binationale de pilotage du Luc (Var) - de l’avion de patrouille maritime MAWS et du programme spatial militaire européen Iris².
De son côté, la France n’a pas embarqué dans l’ European Sky Shield Initiative (Essi) sous leadership allemand.
Quant au système d’artillerie futur CIF, il est aux oubliettes et l’Eurodrone quasiment mort… Qui paye commande Restent, en pointillé, le projet franco-allemand Jewel ( Joint Early Warning for a European Lookout ) d’alerte avancée pour la détection de départs de missiles balistiques et l’initiative Elsa ( European Long-Range Strike Approach ) pour les frappes de précision à longue distance, à laquelle six pays européens, dont la France et l’Allemagne, sont associés.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.