Sécurité routière. « Stigmatisant » : pourquoi le macaron S sur les voitures des seniors est vivement critiqué
Un disque blanc marqué d’un S rouge circule depuis plusieurs années sur les routes françaises. Il ne figure pourtant dans aucun règlement : créé par l’association Signal Senior en 2016, le macaron reste facultatif. Une rumeur relancée ces derniers jours sur les réseaux sociaux l’a de nouveau présenté comme une future obligation pour les conducteurs âgés.
Le macaron reprend le principe visuel du célèbre macaron A - pour « apprenti », apposé obligatoirement sur les voitures des jeunes conducteurs. Il vise à prévenir le véhicule qui suit qu’une conduite peut nécessiter davantage de patience. Mais si le A est réglementaire, le S, lui, relève d’une initiative associative . Et donc d'une démarche volontaire des automobilistes. La Sécurité routière précise d'ailleurs qu’aucun texte ne prévoit de le rendre obligatoire. La rumeur revient pourtant en ce mois de septembre sur les réseaux sociaux, alors que le bilan 2025 de la Sécurité routière vient d’être publié et que les conditions de renouvellement du permis sont à nouveau discutées.
« Toute la polémique récente est partie d’une fake news et, malheureusement, ça ne nous a pas fait du bien », estime Gilles Renard, président de Signal Senior. Il dit avoir imaginé le macaron après une conversation avec sa mère : « On ne sait pas que c’est une personne âgée au volant. » Inspiré, selon lui, d’un dispositif japonais, le S doit permettre aux automobilistes qui suivent d’identifier une conduite susceptible d’être plus lente ou hésitante.
Mais à Strasbourg (Bas-Rhin), Patricia, 71 ans, refuse « ce macaron stigmatisant » : « À quoi servirait-il ? À mettre sur le compte de l’âge tous les mauvais comportements au volant ? » À Holtzwihr (Haut-Rhin), Carmen, 78 ans, préfère un contrôle fondé sur les capacités : « Je suis pour une réévaluation de nos connaissances du code de la route et, sous contrôle médical, d'identifier les pathologies qui peuvent être délétères pour la conduite. Mais le macaron S, je suis contre. » À Oberbronn (Bas-Rhin), Eric, 55 ans, défend au contraire le signal : « Que ce soit un véhicule avec un S ou une auto-école, il faut faire preuve d’indulgence. »
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