Arrivée d’Ali Baddou, distribution sur Canal+… Comment LCP a préparé sa saison, avec la présidentielle en ligne de mire
À l’aube d’une saison politique cruciale, La Chaîne parlementaire ( LCP ) a dévoilé ce lundi 21 septembre 2026 les contours de sa grille de rentrée. Avec un budget maintenu à 17 millions d’euros pour faire vivre la saison, la chaîne s’est fixé un objectif clair : s’imposer comme le carrefour incontournable du décryptage alors que l’élection présidentielle (et la perspective d’une future dissolution) se profile.
Emmanuel Kessler, PDG de LCP , affiche d’emblée ses ambitions : mettre en avant la « richesse et la diversité de nos programmes » pour « recréer du lien dans un débat abrasif » . Face à une campagne qu’il anticipe « très marquée par les secousses, voire les fake news, les manipulations, les excès » , le canal 8 veut s’imposer comme un havre de rigueur. « À LCP , il y a un espace de dialogue pour tous les politiques […] on est un espace de dialogue démocratique constructif » , insiste-t-il.
Le grand coup médiatique et éditorial de cette rentrée est sans conteste l’arrivée d’Ali Baddou à l’animation de Débat doc , où il succède à Jean-Pierre Gratien, figure historique de l’antenne. Pour Nicolas Daniel, directeur éditorial, ce choix a été mûrement pesé : « L’arrivée d’Ali permet non seulement de changer de visage, mais aussi de renouveler la promesse. […] Confier ce rendez-vous à quelqu’un d’autre, c’est toujours un choix qu’il faut peser parce qu’il faut à la fois être dans les fondamentaux et en même temps renouveler. On pense qu’Ali réunit ces deux qualités. »
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Avec un nouveau décor et une nouvelle dynamique, l’émission proposera dès le 5 octobre un documentaire très attendu sur les primaires. Plus largement, l’offre documentaire de la chaîne s’articulera autour de trois axes (politique/géopolitique, histoire, société) avec des films forts. L’art de perdre en politique (avec les témoignages de François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse), Les archives de l’ombre, les dossiers personnels d’Hitler, Dans l’enfer des scam centers, Adolfo Kaminsky, le faussaire libre …
Isabella Pisani, responsable de l’unité documentaire, souligne cette volonté d’éclectisme : « On va à la fois sur de l’investigation, mais aussi sur des documentaires plus intimes, plus auteurs […] on va essayer de construire une ligne éditoriale pour évidemment donner du sens à notre société, éclairer et évidemment faire débat. »
Pour toucher un public qui s’est éloigné des médias traditionnels, LCP mise sur l’hyperdistribution. Déjà accessible sur France Télévisions et TF1 +, la chaîne rejoindra les offres de Canal+ d’ici à la fin de l’année (au plus tard début 2027). En parallèle, le virage numérique s’accélère sous l’impulsion d’Ivan Valerio, nouveau directeur du numérique. « Nos objectifs sur le numérique, c’est d’être un média vivant, défend-il. On développe une stratégie sur YouTube, on essaie de faire en sorte que ce soit un espace éditorial et plus qu’un rattrapage de l’antenne. »
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