“Plus rien n’est comme avant” : à Ceuta, la crise migratoire menace le vivre-ensemble
Un mois après la brèche au poste-frontière d’El Tarajal, par laquelle plus de 80 000 personnes sont passées en moins de quarante-huit heures, Ceuta a le moral en berne. Un profond sentiment d’être abandonnée par les autorités, auquel s’ajoute une forte dose d’indignation, de peur et d’incertitude, s’est emparé des rues – celles-là même où errent encore des milliers d’immigrés [5 % à 10 % des personnes seraient encore sur place, selon les autorités espagnoles].
Les habitants de Ceuta, privés de leur mois d’août (de leur sérénité, de leur liberté) à cause de confinements prescrits non pas par des arrêtés officiels mais par l’insécurité, craignent que la crispation résultant de l’indignation sape le vivre-ensemble multiculturel qu’ils ont toujours connu. Ils craignent que la brèche à la frontière avec le Maroc ne divise pour toujours une population dont la patience a atteint ses limites, à force de promesses non tenues.
À Ceuta, tout le monde connaît Manolo Fernández, qui depuis quarante ans tient le kiosque sur la place de la Constitution, au cœur de la ville : c’est là que, à première vue, la vie a le mieux repris son cours. Le buraliste balaie pourtant cette impression en une phrase : “Je vends deux fois plus de tabac qu’il y a un mois : en paquets, à rouler, en sachets de nicot
Du 7 au 14 septembre, accédez gratuitement à tous nos articles sur l’application.
Article réservé aux abonnés Culture. Federico García Lorca hante toujours la littérature espagnole, quatre-vingt-dix ans après sa mort
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.courrierinternational.com — le contenu appartient à Courrier International.