70 ans du congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne 4/9 : "Présence africaine", une histoire des lettres noires
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Fondée par Alioune Diop, la revue "Présence africaine" devient après-guerre un foyer central de la pensée noire. L'écrivain Michel Le Bris revient sur cette aventure intellectuelle en évoquant les grandes figures de la négritude et le Congrès de 1956 à la Sorbonne, sur fond de luttes anticoloniales.
Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle voix s’affirme dans le monde intellectuel : celle des peuples afro-descendants qui revendiquent leur histoire, leur culture et leur place dans le monde. À Paris, la revue Présence africaine devient l’un des principaux foyers de cette réflexion. En 2010, Michel Le Bris en retrace l’histoire dans un grand récit qui suit les idées, les rencontres et les figures qui la façonnent, depuis la Harlem Renaissance des années 20 jusqu’au Congrès des écrivains et artistes noirs de 1956, événement fondateur de cette aventure intellectuelle.
Fondée en 1947 par Alioune Diop, Présence africaine rassemble écrivains, intellectuels et artistes d’Afrique, des Antilles et des États-Unis, mais aussi des penseurs européens. Autour d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor ou de Richard Wright, la revue ouvre un espace de dialogue inédit.
Son ambition est aussi politique : redonner leur dignité aux cultures noires, longtemps présentées comme inférieures, et penser les conditions de leur émancipation. Dans le Paris de l’après-guerre, elle devient un véritable lieu de rencontres et de débats, où se croisent luttes anticoloniales et combat pour les droits civiques.
Du 19 au 22 septembre 1956, Présence africaine organise à la Sorbonne le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, dans l'amphithéâtre Descartes, un lieu hautement symbolique puisqu’il avait accueilli la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948. Une soixantaine de participants venus d’Afrique, des Antilles, des États-Unis et d’Europe s’y retrouvent pour réfléchir à ce qui unit les peuples noirs et à la possibilité d’une culture commune.
Senghor y défend la civilisation négro-africaine et la négritude, tandis que les débats mettent en relation l’histoire de la colonisation, la ségrégation américaine et l’affirmation d’une conscience noire transnationale. Après la conférence de Bandung en 1955, Alioune Diop voit dans ce congrès un second événement fondateur : la culture devient un instrument pour reprendre en main son histoire et préparer les indépendances.
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