Budget 2027 : changer de posture
Il va bien falloir se rendre à l’évidence : la France est entrée dans un nouveau monde. Tous les indicateurs économiques sont non seulement dans le rouge mais ils ne cessent de se dégrader semaine après semaine. La croissance flanche, l’inflation s’emballe, la consommation, premier moteur de notre économie, s’effondre faute de revalorisation possible des salaires, le marché de l’emploi déraille et surtout les intérêts de la charge de la dette explosent. Paris emprunte désormais à plus de 4,5 % sur dix ans, un record depuis 2008 !
C’est dans ce contexte inédit, que le gouvernement de Sébastien Lecornu doit construire son budget 2027. La France s’était engagée auprès de Bruxelles à maintenir sa trajectoire à un déficit public à 3 % du PIB pour 2029. Mais… C’était en 2025. Plus réaliste, le premier ministre va s’efforcer de le maintenir autour de 5 %. Un seuil qui est en train de devenir une nouvelle norme puisque la France vit depuis trois ans désormais avec un déficit supérieur à 5 % du PIB. C’est précisément pour rester à ce niveau que le gouvernement et, dans quelques semaines, le Parlement devront trouver 30 milliards d’euros de baisse de dépenses. Il n’a pas le choix car le risque d’effet boule de neige n’est plus écarté dans la mesure où les intérêts de la dette croissent plus vite que le PIB et que les recettes fiscales.
Est-il encore réaliste, voire honnête, d’annoncer qu’il n’y aura pas de hausse d’impôts ? Et même d’annoncer des baisses de prélèvements (donations) ? La situation hors norme oblige à un discours de vérité et de responsabilité collective. Avec un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l’OCDE, les marges de manœuvre sont faibles et la hauteur du curseur sera décisive mais l’effort, pour être efficace et compris, devra être partagé par tous.
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