Attentats de Trèbes et Carcassonne : la douleur des victimes ravivée par le procès en appel
Je me dois d’y aller pour les familles des victimes. Mais cette fois, je ne témoignerai pas . Samia Menassi, la directrice du magasin Super U de Trèbes (Aude) , ne souhaite pas en dire davantage. Huit ans après les faits, près de trois années après le premier procès qui s’était tenu sans le principal auteur tué par le GIGN, les victimes des attentats de Trèbes et de Carcassonne s’apprêtent à être confrontées, une nouvelle fois, au souvenir douloureux de cet évènement tragique.
Ce lundi 14 septembre s’ouvre, devant la cour d’assises spéciale de Paris, le procès en appel de deux des complices présumés du terroriste Radouane Lakdim. Ce dealer de 25 ans, qui vivait dans un quartier populaire de Carcassonne, a tué quatre personnes, le 23 mars 2018, dans un attentat revendiqué par le groupe État islamique . Sa course mortelle, commencée à Carcassonne, s’était achevée huit kilomètres plus loin au Super U de Trèbes, où il avait tué un employé et un client, puis le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame.
Sept personnes ont été condamnées le 23 février 2024 à des peines allant de six mois à trois ans de prison ferme, dont une seule, Marine Pequignot, la compagne du terroriste, pour association de malfaiteurs terroriste. Le parquet, qui avait requis des peines plus lourdes, a fait appel de sa condamnation et de celle d’un autre accusé, Samir Manaa, ami du terroriste. Un troisième accusé, Baghdad Haddaoui, condamné à un an d’emprisonnement terme pour non-dénonciation de crime terroriste, a fait appel.
La plupart des 90 parties civiles du premier procès seront représentées en appel, mais toutes ne se déplaceront pas à Paris pour ces trois nouvelles semaines d’audience. Pour l’instant, sur les vingt parties civiles que je représente, aucune n’a demandé à venir témoigner , indique Me Jean Reinhart, qui porte la voix de la famille de Jean Mazières, un retraité qui a été la première victime du terroriste à Carcassonne, et celle de plusieurs employés du Super U de Trèbes. Comme aucune retransmission du procès en direct n’est prévue, l’avocat informera régulièrement ses clients en visio .
Mes clients ne vivent pas bien ce procès, mais ils ont compris la nécessité de rester mobilisés , souligne Me Franck Alberti, qui représente plusieurs victimes et leurs proches. Nathalie Medves, épouse de Christian Medves, le chef boucher du Super U assassiné à Trèbes, ira probablement pendant plusieurs jours au procès avec ses filles . Renato Silva, grièvement blessé dans l’attentat, mais qui a survécu, sera également présent. Même si c’est compliqué, même si c’est lourd, il ira par respect pour ceux qui sont morts. Comme il le dit lui-même, il a été assassiné comme les autres. Sauf que lui, il est toujours vivant .
Selon Franck Alberti, même si revenir pour un nouveau procès est douloureux, les victimes ont apprécié l’appel du parquet, car eux aussi trouvaient certaines peines trop faibles . Julie Grand, la caissière à qui Arnaud Beltrame a sauvé la vie en offrant au terroriste de prendre sa place, témoignera elle aussi, mais en visioconférence. Elle n’a pas d’attente particulière par rapport à ce procès , selon son avocat Henri de Beauregard.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.