"C’était ça ou mourir", de Thélyson Orélien, écrit avec l’IA ? Ses accusateurs s'expliquent
L'accusation lourde est partie d'un compte X confidentiel : le roman phare de la rentrée aurait été écrit "presque intégralement" avec de l'IA. Nous avons échangé avec le collectif de cinq personnes qui s'est appuyé sur l'outil Pangram. L'AFP nuance ces affirmations et Grasset les rejette.
Tout est venu d’un premier post ce lundi en fin d’après-midi sur un compte X confidentiel qui comptait alors 92 abonnés. ' Balance ton Claude Ouverture dans un nouvel onglet ’ est certifié par le réseau social mais il existe seulement depuis juin dernier, sous pseudo, du nom de l’outil d’IA d’Anthropic. Et il affirme que "ce roman est rédigé presque intégralement par une Intelligence Artificielle ". Après, dit-il, avoir testé plusieurs passages, à divers endroits du manuscrit.
Le compte brandit des captures d’écran et il ajoute aujourd’hui avoir testé des textes écrits en 2014 par Thélyson Orélien, qui seraient eux à 100% humains.
L’outil choisi, Pangram Ouverture dans un nouvel onglet , est un détecteur d’IA né à New York en 2023. Il revendique un faux positif pour 24 000 documents analysés, a levé 9 millions de dollars cet été et est jugé très fiable. Pour autant, il n’est évidemment pas infaillible. D’ailleurs, d’après l’outil de vérification cocréé par l'Agence France Presse, ces passages ont été "très probablement écrits par un humain". Et toujours d’après l’AFP, les conclusions de sept autres détecteurs divergent .
Si l’écrivain n’a pas réagi, son éditeur, Grasset, parle de rumeurs, de fake news, de haters et de théorie du complot. Il souligne la masse de romans qui existent déjà écrits par de l’IA, dont aucun n’est devenu un bestseller.
Mais Boréal, la maison d'édition de Montréal à l'origine de la publication du roman au printemps au Canada, a indiqué à l'AFP avoir "pris connaissance de ces allégations" et ne pas les "prendre à la légère".
Nous avons pu échanger cet après-midi avec les accusateurs via des messages privés sur X. Ils, elles affirment être un collectif de 5 personnes. Sans lien avec le monde de l’édition ni une quelconque entreprise privée. Ces lecteurs et internautes se disent inquiets "de voir la bouillie-IA envahir nos écrans et maintenant nos livres". Ils, elles disent redouter l'avènement d'un monde où les productions textuelles IA évinceraient entièrement le contenu humain, décourageraient l'écriture humaine et l'effort intellectuel, et signeraient peut-être la fin de la lecture. C’est leur motivation et revendication.
Pourquoi avoir utilisé Pangram ? Car c’est le détecteur le plus fiable, précise ce collectif.
Et pourquoi le roman de Thélyson Orélien en gestation avant le départ d’Olivier Nora de Grasset ? Car, toujours selon nos messages privés, l’usage de l’IA y paraissait particulièrement flagrant et qu’il est en lice pour gagner des prix.
Quant à tester d’autres romans de ce type ? “ C’est une bonne idée ! ” répond le collectif qui veut rester anonyme, désormais suivi par 5 000 abonnés.
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